Calls for Papers

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Quand cesse le dix-septième siècle et qu’en a retenu le siècle des lumières ? 

Le Monde français du dix-huitième siècle (MFDS) 8.1 (2022) propose « Quand cesse le dix-septième siècle et qu’en a retenu le siècle des lumières ? » Ce numéro est fait à l’honneur de Constant Venesoen, collègue du Département d’Études Françaises de l’Université de Western Ontario (1967-1995). Il est l’auteur d’Études sur la littérature féminine au XVIIe siècle : Mademoiselle de Gournay, Mademoiselle de Scudéry, Madame de Villedieu, Madame de Lafayette (1990) ; Loisirs de Madame de Maintenon (2011), Thématique de la mère dans la tragédie racinienne (2016), L’Anti-Jésuitisme (2018). Nous voyons que la préciosité a été imputée à Marivaux et les éducatrices du XVIIIe siècle ont repris la forme des contes. Il serait curieux de rapprocher ou d’opposer La Paresse des Lumières (2014) de Pierre Saint-Amant (« Pierre Carlet de Marivaux et son journaliste sans souci, Denis Diderot et son neveu musicien, Jean–Jacques Rousseau lui–même qui se réinvente un paresseux en quête de liberté ; enfin Joseph Joubert qui, au tournant du siècle, compose la délectation du repos ») avec celle des loisirs, ou de voir si Voltaire contrait les arguments classiques des anti-jésuites...

Constant Venesoen a publié des éditions critiques d’ouvrages de femmes savantes telles que les correspondances de Anne Marie Schuman ou les textes relatifs à la calomnie de Marie de Gournay. Cela nous invite à penser l’évolution de la figure de la femme savante au XVIIIe siècle dont Émilie du Châtelet ou Marie-Anne Lavoisier en sont des représentantes.

Enfin, ses Regards sur le théâtre des classiques français (2009) nous invite à découvrir l’esthétique poétique du XVIIe siècle : en quoi le théâtre des Lumières en est son héritier ou comment s’en distingue-t-il ? 

À partir des études de Constant Venesoen sur la littérature féminine et la poétique théâtrale du Grand siècle, nous invitons à réfléchir sur les ruptures et continuités du dix-septième siècle au siècle suivant.

Adressez vos propositions d’articles (250-300 mots) à Florian Ponty, fponty2@uwo.ca d’ici le 28 février 2023 et vos articles complétés d’ici le 30 avril. Environ 12-15 pages à double interlignes (sauf les notes et la bibliographie à interlignes simples, style MLA).

CfP / Appel à communications - Society for Early Modern French Studies

The Society for Early Modern French Studies will hold its annual conference at Trinity College, University of Oxford, 11-13 September 2023.  The theme is ‘Word and World’. Papers are invited on any aspect of this theme, including but not restricted to: translation; dictionaries; Relations; language and colonization; language and gender; neologisms; philologies old and new; terminology of the period or our appraisals of it; keywords; new words, new worlds; writing and orality; jargon.

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We are delighted and honoured to announce that our keynote speaker will be Dr John Gallagher (University of Leeds). 

We shall offer, as usual, postgraduate facilitation bursaries from the Amy Wygant Fund. Details of this scheme will be sent separately.

Proposals for papers (250-300 words) should be sent by 31 March 2023 to the Secretary, Professor John O’Brien (john.o’brien@durham.ac.uk). Please note that only current subscribing members of the Society may present a paper at the conference.

Speakers are requested to provide translations from languages other than English or French.

 

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Le colloque annuel de la Société d’étude de la première modernité française (SEMFS) se tiendra du 11 au 13 septembre 2023 à l’université d’Oxford, Trinity College. Thème retenu : « Mot en monde », conçu sous toutes ses formes, par exemple : la traduction ; les dictionnaires ; les Relations ; le langage et la colonisation ; le langage et gender ; les neologisms ; les philologies, anciennes et Nouvelles ; la terminologie de la première modernité ou les évaluations que nous en faisons ; les mots clés ; nouveaux mots, nouveaux mondes ; l’écriture et l’oralité ; le jargon

Nous avons le plaisir et le privilège de vous annoncer que notre invité d’honneur sera le prof. John Gallagher (Université de Leeds).

Nous proposerons aux doctorant.e.s, selon notre habitude, des bourses de facilitation provenant du fonds Amy Wygant. Ce programme fera l’objet d’une communication ultérieure de notre part.

Veuillez adresser, avant le 31 mars 2023, une proposition de communication (250-300 mots) au secrétaire de la Société, le prof. John O’Brien (john.o’brien@durham.ac.uk).  Nous vous rappelons que seuls les sociétaires à jour de leur cotisation auront le droit d’intervenir lors du colloque.

Les intervenants sont priés de fournir une traduction de toute langue autre que l’anglais ou le français.

Le Spectaculaire et la Contemplation

Le Spectaculaire et la Contemplation

Regard, parole et silence au 17e siècle

Colloque international

organisé par l’Université de Saskatchewan, l’Université Sorbonne-nouvelle

et le CIR 17 (Centre International de Rencontres sur le 17e siècle)

18-20 mai 2023

Saskatoon, SK, Canada



Le 17e siècle français est à la fois un temps d’affirmation de l’institution monarchique soucieuse de manifester au monde sa puissance et un âge profondément marqué par le sentiment religieux et l’exigence d’intériorité qui lui est associée.

Simultanément siècle de l’éclat et du silence, des fêtes de Versailles et de la solitude de Port-Royal, du faste des pièces à machine et de l’austérité de la Trappe, il fait du spectaculaire et de la contemplation une tension rectrice de la vie politique, sociale, esthétique et éthique.

Ce colloque se propose d’explorer les modalités et les enjeux de cette polarité entre espace public et privé par une approche pluridisciplinaire.

Parmi les thèmes possibles et susceptibles d’être mis en tension, on peut citer (liste non limitative) : 

Gloire et grandeur, pompe et vanité du pouvoir : enjeux politiques et mise à contribution des arts visuels (carrousel, feu d’artifice, spectacle de cour, entrée royale, architecture monumentale, achevée ou inachevée – aqueduc de Maintenon…)

Secret et dissimulation : coulisses du politique et face cachée du pouvoir

Rhétorique et grand style, pratiques oratoires et artistiques : art du portrait, musique de cour, peinture historique,…)

Atticisme, laconisme et sublime du silence

Sobriété du théâtre régulier (tragédie et grande comédie) vs théâtre de l’émerveillement (pièce à machines, comédie-ballet, tragédie en musique, opéra…)

Ombre de la gloire et silence imposé : les exclu(e)s de la scène du monde

Solitude, retraite du monde et méditation dans la vie religieuse, dans la littérature, les correspondances et les arts ¬ —France et Nouvelle-France

Les propositions sont à envoyer pour le 1er novembre 2022, à l’adresse suivante : 

stella.spriet@usask.ca

Le colloque se déroulera en mode hybride (en présentiel à l’Université de Saskatchewan à Saskatoon, et en distanciel via Zoom).

Comité d’organisation : 

Stella Spriet, University of Saskatchewan & Gilles Declercq, Université Sorbonne Nouvelle

Comité scientifique : 

Céline Candiard, Université Lumière-Lyon 2

Nathalie Freidel, Wilfrid Laurier University

Jean de Guardia, Université Sorbonne Nouvelle

Sara Harvey, University of Victoria

Jean Leclerc, Western University

Marcella Leopizzi, Università del Salento

Claudine Nedelec, Université d’Artois

Buford Norman, University of South Carolina

Pierre Ronzeaud, Université Aix-Marseille

Marine Roussillon, Université d’Artois

Le Spectaculaire et la Contemplation. Regard, parole et silence au 17e siècle (pour le 1er nov. 2022)

Le Spectaculaire et la Contemplation
Regard, parole et silence au 17e siècle

Colloque international

organisé par l’Université de Saskatchewan, l’Université Sorbonne-nouvelle et le CIR 17 (Centre International de Rencontres sur le 17e siècle)
18-20 mai 2023
Saskatoon, SK, Canada

Le 17e siècle français est à la fois un temps d’affirmation de l’institution monarchique soucieuse de manifester au monde sa puissance et un âge profondément marqué par le sentiment religieux et l’exigence d’intériorité qui lui est associée.

Simultanément siècle de l’éclat et du silence, des fêtes de Versailles et de la solitude de Port-Royal, du faste des pièces à machine et de l’austérité de la Trappe, il fait du spectaculaire et de la contemplation une tension rectrice de la vie politique, sociale, esthétique et éthique.

Ce colloque se propose d’explorer les modalités et les enjeux de cette polarité entre espace public et privé par une approche pluridisciplinaire.

Parmi les thèmes possibles et susceptibles d’être mis en tension, on peut citer (liste non limitative) :

Gloire et grandeur, pompe et vanité du pouvoir : enjeux politiques et mise à contribution des arts visuels (carrousel, feu d’artifice, spectacle de cour, entrée royale, architecture monumentale, achevée ou inachevée – aqueduc de Maintenon…)

Secret et dissimulation : coulisses du politique et face cachée du pouvoir

Rhétorique et grand style, pratiques oratoires et artistiques : art du portrait, musique de cour, peinture historique,…)

Atticisme, laconisme et sublime du silence

Sobriété du théâtre régulier (tragédie et grande comédie) vs théâtre de l’émerveillement (pièce à machines, comédie-ballet, tragédie en musique, opéra…)

Ombre de la gloire et silence imposé : les exclu(e)s de la scène du monde

Solitude, retraite du monde et méditation dans la vie religieuse, dans la littérature, les correspondances et les arts ­ —France et Nouvelle-France

Les propositions sont à envoyer pour le 1er novembre 2022, à l’adresse suivante :

stella.spriet@usask.ca

Le colloque se déroulera en mode hybride (en présentiel à l’Université de Saskatchewan à Saskatoon, et en distanciel via Zoom).

Comité d’organisation :
Stella Spriet, University of Saskatchewan & Gilles Declercq, Université Sorbonne Nouvelle

Comité scientifique :
Céline Candiard, Université Lumière-Lyon 2
Nathalie Freidel, Wilfrid Laurier University
Jean de Guardia, Université Sorbonne Nouvelle
Sara Harvey, University of Victoria
Jean Leclerc, Western University
Marcella Leopizzi, Università del Salento
Claudine Nedelec, Université d’Artois
Buford Norman, University of South Carolina
Pierre Ronzeaud, Université Aix-Marseille
Marine Roussillon, Université d’Artois

 

Le vermillon de la vertu — Usages et valeurs de la honte à l'époque moderne (XVI-XVIIIe siècles) - J. Le Floc'h et L. Sancho

11 mars 2023 — Maison de la Recherche, Sorbonne  Université,

Paris — Egalement en visioconférence. 

 

Dans son enquête intitulée Sainte Vergogne (2020), l’historien des émotions Damien Boquet a montré qu’au Moyen Âge, en contexte chrétien, la honte pouvait faire l’objet d’une glorification paradoxale. Qu’en est-il à l’époque moderne, où non seulement le discours religieux, mais également le discours médical, philosophique ou encore juridique s’emparent des affects ? La honte est-elle une émotion morale d’après les textes des XVIe- XVIIIe siècles ? Dans quels contextes est-elle préconisée ? Dans quelle mesure les auteurs et autrices de l’Ancien Régime se montrent-ils sensibles aux contradictions qui pèsent sur cet affect ? Cette journée d’étude se propose de contribuer à l’histoire des émotions en examinant les représentations de la honte à l’époque moderne (XVIe-XVIIIe siècles). Plus précisément, il s’agira, à l’appui de discours variés tels que les traités savants, les mémoires, la littérature épistolaire ou la littérature fictionnelle, de mettre en évidence les circonstances dans lesquelles elle peut être identifiée, et de questionner sa valeur morale.

***

À l’époque moderne, la honte est une passion mixte, dont la classification n’est pas fixée par la scolastique. Le plus souvent apparentée à la peur dont elle serait une espèce, elle est parfois décrite comme une « affection mêlée de courroux et de crainte » (Paré, Introduction de la chirurgie, 1575) ou comme une « douleur et une confusion » (Coëffeteau, Tableau des passions humaines, 1620). Mais aussi pénible et affligeante que soit l’expérience individuelle de la honte pour celui ou celle qui s’y trouve confronté, elle demeure l’objet d’un discours laudatif dans les traités savants médiévaux et modernes. Si l’on en croit même un sceptique comme La Mothe Le Vayer, il semblerait presque que cet affect ait

« toujours été pris en bonne part » (La Morale du prince, 1651). Les théologiens, mais aussi les moralistes, les médecins, les philosophes ou encore les pédagogues de l’époque moderne se plaisent à souligner les grâces de cette passion. De même que le discours religieux loue l’action de la « honte salutaire » (Catéchisme du Concile de Trente, 1566) qui éloignerait de la pente du péché, le discours civil semble soutenir que cette passion concourrait à faire observer les lois. Concurrente de la vergogne et de la pudeur, la crainte du déshonneur est parfois décrite comme un premier sentiment du bien et du mal et semble s’inscrire dans une histoire qui est aussi celle de la conscience.

Convaincus du pouvoir de cet affect, auteurs et autrices ne vont-ils pas parfois jusqu’à recommander à leurs destinataires d’en faire usage intentionnellement ? Dans les régimes de santé, les médecins préconisent par exemple d’utiliser la honte comme un remède pour guérir les impudents de leur manque de modération dans les plaisirs de la chair, qu’ils soient gourmandise, paresse ou volupté (Patin, Traité de la conservation de santé, 1632). Pour corriger les enfants indociles, parents et précepteurs sont quant à eux incités à leur infliger quelque « petite honnête honte » (Héroard, De l’institution du prince, 1609) plutôt que de recourir aux châtiments corporels. La honte n’est-elle pas, selon Rousseau, un frein protecteur grâce auquel Émile n’est pas entièrement livré à lui-même et à ses désirs (De l’éducation, 1762) ? Enfin, certains auteurs ne relèvent-ils pas que les femmes, à l’instar des enfants, seraient « sans doute plus susceptibles de cette passion que les hommes » (Chalesme, L’homme de qualité, 1671) ?   Envisager la honte à travers le prisme du genre pourrait d’ailleurs se révéler une

 

démarche fructueuse, tant cette perspective semble occuper une place de choix dans les différents discours de la modernité. Un roman comme Manon Lescaut de l’abbé Prévost (1731) pourrait constituer à ce titre un terrain d’investigation intéressant en se fondant sur une comparaison entre les manifestations et représentations de la honte s’appliquant au chevalier des Grieux et celles qui se rapportent à Manon.

Ainsi le « vermillon de la vertu » apparaît-il également comme son aiguillon (La Mothe Le Vayer, ibid.). Certes la honte est parfois blâmée dans ces discours savants. Mais de telles mises en garde visent- elles alors à dénoncer la souffrance qu’elle représente ? N’ont-elles pas plutôt pour objet de prévenir ses mauvais usages qui pourraient mettre en  échec sa fonction  d’édification ? Mal conduite, la honte menacerait de porter sur des objets inappropriés, au point de rendre « honteux de bien faire » (Descartes, Les Passions de l’âme, 1649). Excessive, elle éloignerait de la vertu plutôt que d’y conduire.

Cependant, il convient de mettre cette interprétation morale du discours savant sur la honte à l’épreuve de la lecture attentive des textes dans toute leur diversité générique. Car la honte est tout d’abord fréquemment associée à des situations qui échappent à la responsabilité des individus et dans lesquelles la vertu demeure impuissante. Il suffit de songer, entre autres exemples, à la honte portant sur la laideur, sur les infirmités ou encore sur le statut social. Comme l’ont montré les travaux de Claudine Sagaert sur l’Histoire de la laideur féminine (2015), la honte semble bel et bien être l’affect qui vient sanctionner tout écart vis-à-vis des normes corporelles, en particulier celles qui concernent le corps des femmes. Plus encore, l’expérience de la honte est parfois vécue non par le coupable, mais par la victime, notamment dans le cas des violences sexuelles. C’est ce qui conduit un moraliste tel que René Bary à observer que cet affect peut être produit par les vices et fautes d’autrui (La Morale, 1663), et un tel exemple constitue une objection sérieuse à l'interprétation de la honte comme une vertu morale. Constate-t-on également dans les œuvres littéraires que la honte est identifiée comme une modalité affective dominante des expériences d’agression ? Les nouvelles mettant en scène des tentatives de viol dans L’Heptaméron de Marguerite de Navarre (1559) pourraient par exemple constituer un champ d’enquête possible.

De surcroît, au-delà de ces usages de la honte, ce sont peut-être surtout ses emplois immoraux qui retiennent l’attention, puisqu’ils sont sans doute les témoins les plus patents de l’instrumentalisation dont cette émotion peut faire l’objet. À cet égard, on peut songer aux romans libertins, tels que les Liaisons dangereuses (Laclos, 1782) ou encore La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la vertu, suivie de l'histoire de Juliette, sa sœur (Sade, 1799), dans lequel les valeurs, dont la honte, sont particulièrement dévoyées.

Enfin, certaines mentions de la honte paraissent vidées de leur dimension morale, non pour verser dans un amoralisme ou même un immoralisme, mais plutôt pour répondre à des usages rhétoriques variés. La mise en scène hyperbolique de la contrition peut par exemple s’inscrire dans un discours galant, comme lorsque des personnages de Madeleine de Scudéry se disent « honteux » de ne pas avoir pu rendre leurs hommages à la dame qu’ils courtisent. Sous la plume de la marquise de Sévigné, la honte peut encore participer d’un art consommé de l’ironie au service de la flatterie, notamment lorsque l’épistolière confesse à ses interlocuteurs sa honte d’être trop aimée d’eux et de ne pas mériter leurs égards. Plus largement, ce sont donc les usages littéraires, rhétoriques et stylistiques de la honte

 

qui se trouvent mis en jeu. Dans le cadre de cette journée d’étude, la réflexion sur les usages et les valeurs de la honte sous l’Ancien Régime nous conduira ainsi à porter une attention particulière aux circonstances dans lesquelles la honte est identifiée dans les textes (quels objets, situations, personnages sont concernés ?), mais aussi à questionner les modalités de l’écriture et de mise en récit de l’expérience honteuse.

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Cette journée d’étude aura lieu le 11 mars 2023 à la Maison de la Recherche de Sorbonne Université (Paris) et en format hybride afin de favoriser les échanges internationaux.

Les actes sont destinés à être publiés.

Les propositions de contribution, de 500 mots maximum, sont à envoyer à Justine Le Floc’h (justine.lefloch[at]gmail.com) et à Lisa Sancho (lisa.sancho[at]orange.fr)  avant le 15 novembre 2022.

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Indications bibliographiques

Boquet Damien, Sainte Vergogne. Les privilèges de la honte dans l’hagiographie féminine au XIIIe siècle, Paris, Classiques Garnier, 2020.

Brancher Dominique, Équivoques de la pudeur : fabrique d’une passion à la Renaissance, Genève, Droz, 2015.

Deonna Julien, Raffaele Rodogno et Fabrice Teroni, In Defense of Shame. The Faces of an Emotion, Oxford ; New York, Oxford University Press, 2011.

Elias Norbert, La Civilisation des mœurs, traduit par Pierre Kamnitzer, Paris, Pocket, 2002 [1939, trad. fr. 1973].

Flannery Mary C., Practising shame: Female honour in later medieval England, Manchester University Press, 2020.

Martin Jean-Pierre, La Honte. Réflexions sur la littérature, Paris, Gallimard, 2017 [1re éd. Le Livre des hontes, Paris, Éditions du Seuil, 2006].

Perfetti Lisa R., The Representation of Women’s Emotions in Medieval and Early Modern Culture, Gainesville, University Press of Florida, 2005.

Sagaert Claudine, Histoire de la laideur féminine, Paris, Éditions Imago, 2015.

 

Global Climates in the Early Modern World  (MLA)

Weather, geology, atmosphere, meteorology. The relations of climate to natural environments, corporeality, race, affect, or forms of cultural expression. Roundtable format. 250-word abstracts to Jeffrey Peters (jnp@uky.edu) by 30 March 2022.

« L'amitié demande un peu plus de mystère » Molière et ses amis Bruxelles, 9-10 décembre 2022

« L'amitié demande un peu plus de mystère » Molière et ses amis
Bruxelles, 9-10 décembre 2022
Appel à contribution

La mort de Molière en 1673 loin d’entraîner son oubli a confirmé à la fois son importance comme acteur, directeur de troupe et écrivain et la solidité de sa production qui se taille la part du lion dans la programmation de la troupe de Guénégaud. Sans doute cette part se réduit-elle après la création de la Comédie-Française, mais néanmoins, si l’on compare le statut des trois

« grands classiques » dans la programmation de janvier 1682 à la clôture de Pâques : sur les 76 représentations, Molière est programmé à 22 reprises, contre 5 pour Racine et 4 pour Pierre Corneille.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la parution de la première édition intégrale du théâtre de Molière : aux pièces déjà publiées, s’ajoute un nombre considérable d’inédits, confiés par Armande Béjart à Denis Thierry. Même si elle s’avère éloignée de nos conceptions philologiques, la volonté de donner l’intégralité des œuvres théâtrales dans leur texte le plus complet possible – « comme ces vers sont tous de lui, & que ce qu’il a fait doit être estimé, on s’est contenté de les marquer, sans vouloir en rien retrancher, afin de vous donner tous ses ouvrages dans leur entière perfection » – marque une date dans l’histoire de l’édition du théâtre et confirme, par là même, la « monumentalisation » de l’œuvre. Celle-ci est précédée d’une préface anonyme – on ne voit pas pourquoi elle serait plus le fait de La Grange que d’Armande Béjart, seule personne dont il est avéré qu’elle a eu part à cette édition – qui retrace rapidement les étapes de la carrière et inscrit l’auteur dans la tradition de la comédie dont il marquerait l’acmé. L’image qu’entend donner cette préface est certes celle d’un comédien et directeur d’acteur novateurs, mais surtout d’un écrivain ayant bénéficié d’une formation intellectuelle solide – identique à celle d’un Corneille, par exemple. Ce texte a servi de matrice à ceux de Charles Perrault, puis de Grimarest.

Dès 1733, Voltaire, se fondant sur certains éléments dont il avait pu encore vérifier la véracité auprès de contemporains, prit ses distances avec cette biographie trop belle pour être vraie. Il en épinglait le trait qui allait assurer son succès auprès de la postérité, celui d’être apparentée aux contes de fées qui triomphaient pour lors… : « Non seulement j’ai omis dans cette vie de Molière les contes populaires touchant Chapelle et ses amis ; mais je suis obligé de dire, que ces contes adoptés par Grimarest sont très faux ». Telle qu’elle vient d’être démontée par Martial Poirson, l’historiographie moliéresque jusqu’à la biographie de Georges Forestier qui fait aujourd’hui référence, est l’histoire d’un combat contre Grimarest. La seule voie sûre pour aborder l’homme qu’a été Molière est de se borner aux faits établis par les sources d’archives. Contrairement à certaines idées reçues, celles-ci sont extrêmement nombreuses, plus même sans doute que pour tout autre écrivain de cette période. Ainsi la méthode computationnelle et statistique suivie par le récent Atlas Molière a-t-elle démontré l’efficacité des stratégies du directeur de troupe. Suivant une tout autre approche, les travaux de Claude Bourqui ont montré, avec une précision jamais atteinte jusque-là, comment Molière a su s’emparer de sources antérieures, extrêmement diverses, et confirmer ainsi le jugement porté sur son œuvre par Chapelain qui soulignait, dès 1662, que son génie de dramaturge était avant tout d’imitation, plus que d’invention.

Derrière l’homme d’affaire, l’acteur et l’auteur de comédies, la personnalité intellectuelle de Molière a tendu à s’effacer. Au stade actuel d’une recherche qui a enfin dépouillé la figure de Molière de tous les oripeaux que l’historiographie lui avait prêtés, un autre Molière apparaît : mais ce Molière est un Molière évanescent et qui pourrait donner à penser qu’à l’encontre des contemporains qui ont salué son intelligence, Molière n’était finalement qu’un homme de théâtre détaché du contexte intellectuel contemporain. Le libertin Grimarest une fois banni, que reste-t-il des liens de Molière avec les courants de pensées présentés comme marginaux ? Rien ? C’est sans doute aller trop vite en besogne : les contacts avec Chapelle sont confirmés par les lettres de celui-ci, le sonnet que Molière adresse au sceptique La Mothe Le Vayer sur la mort de son fils se voit glosé en 1671 dans une scène forte montrant le père de Psyché vitupérant les dieux, leur cruauté et leur injustice. Sa proximité avec l’épicurien Alexandre Laisné est confirmée par la correspondance de Chapelain. Il appert qu’à ce stade de la recherche moliéresque, la collecte des faits avérés, si ponctuels soient-ils, doit être évaluée, afin de voir si ces éléments ne peuvent être assemblés en faisceaux et permettre par-là l’identification de réseaux.

Pour tenter de faire parler ces amitiés avérées – tantôt avec des personnalités presque insaisissables en raison de la parcimonie des sources, mais parfois a contrario illustres – il convient d’inverser l’approche qui a prévalu jusqu’ici. En ce centrant exclusivement sur la figure de Molière, et dès lors en réduisant le rôle de ses relations amicales à une fonction instrumentale, on ne peut que rejoindre le constat de Forestier : « Il faut donc se résigner à ne jamais percer cette nébuleuse des amis, des relations et des connaissances ». Ne pouvant néanmoins s’y résoudre, les organisateurs du présent colloque entendent, pour y parvenir, inverser l’approche et demander aux spécialistes des personnalités dont il est avéré que Molière les a fréquentées, de situer la place de Molière dans leur parcours et d’évaluer la nature des interactions personnelles, mais aussi et surtout intellectuelles, repérables dans leur vie comme dans leur production. En un mot, si l’on ne peut prouver que Molière a fréquenté Chapelle, en revanche on peut prouver que celui-ci a connu Molière et que des confluences, comme des divergences de pensées peuvent être identifiées dans leurs œuvres.

Ces affinités observées parmi une « constellation d’amis » (Forestier) recoupent autant les liens tissés au sein des cercles érudits, que les inclinations nées au confluent des réseaux de protecteurs et des liens familiaux. Les « amitiés » premièrement mobilisées par Madeleine Béjart, par exemple, doivent beaucoup à l’intimité partagée par Esprit de Rémond (Modène) avec Jean-Baptiste et Tristan L’Hermite, au sein du mécénat encouragé par Gaston d’Orléans, puis aux liens redéployés autour de Charles Dufresne, dans le sillage des commensaux de Gaston, des ducs de Guise et d’Épernon, et, enfin, de leurs descendants, Philippe d’Orléans et le duc de Candale. Les relations avec Dassoucy, Cosnac, Guilleragues et l’influence de Sarasin s’ancrent dans la géographie du prince de Conti dont Candale reçut la reddition à Bordeaux, avant de commander sous lui l’armée de Catalogne…

Aussi la conclusion de Forestier « peu d’amis et d’amantes de Molière » ne correspond- elle pas à ce qui ressort d’un tamisage pourtant drastique des données historiques. Il appert en effet que les amitiés de Molière ont été nombreuses, mais aussi souvent houleuses : Boileau, qui le soutient, avant de le débiner ; les tensions constantes avec Corneille avant leur rabibochage in extremis au temps de Tite et Bérénice et de Psyché, quand tous deux s’unissent contre Racine, un Racine qui, a contrario, passe du statut d’ami à celui d’ennemi à abattre… ; même renversement du tout au tout, avec Donneau de Visé, l’un de ses détracteurs les plus violents, avant de devenir son défenseur décidé…

Le sujet des amis de Molière comme de son sens de l’amitié – sujet qui n’a jamais été traité de manière centrale – entend porter sur l’homme et l’écrivain un éclairage « de biais » et largement interdisciplinaire, approche requise par la diversité des milieux sociaux et artistiques auxquels ont appartenu ses amis et amies. Cet appel se veut dès lors ouvert aux spécialistes de ses amis musiciens (Dassoucy, Lully, Charpentier…), acteurs (Madeleine Béjart, Baron…), écrivains (Boileau, Corneille, La Fontaine, Racine…), peintres (les frères Mignard), philosophes (La Mothe Le Vayer), voyageurs (Bernier, Laisné)…

Les propositions sont attendues pour le 1er juin (2022) prochain et sont à adresser à Manuel Couvreur (manuel.couvreur@ulb.be) et Fabrice Preyat (fabrice.preyat@ulb.be).

 

Journée d’études sur l’Histoire de l’Académie royale de musique des frères Parfaict (pour le 8 avril)

Journée d’études sur l’Histoire de l’Académie royale de musique des frères Parfaict
Jeudi 9 juin 2022
Centre de musique baroque de Versailles

En 1741, alors même qu’ils continuent à publier leur Histoire du théâtre français depuis son origine jusqu'à présent (1734-1749), les frères Claude et François Parfaict ambitionnent de donner au public une Histoire de l’Académie royale de musique depuis son établis- sement jusqu’à présent. Écrire l’histoire de cette institution était un dessein complexe et délicat car l’Opéra combinait un statut d’établissement privilégié – donc soumis à la volonté du roi, qui en suivait l’évolution par l’intermédiaire du secrétariat d’État de sa Maison – et celui d’une entreprise de spectacle à la gestion complexe, rythmée par les embauches et les démissions, les premières et les reprises, les investissements et les faillites... Le fonds de l’ouvrage fut-il jugé trop sensible, le ton était-il trop libre ? La forme était-elle défaillante, la structuration déséquilibrée ? Toujours est-il que la façon dont les deux frères racontèrent l’histoire de l’Opéra déplut et que le manuscrit ne passa pas l’épreuve de la censure royale.

Le contenu de cette Histoire est pourtant d’une grande richesse et, sans être inconnu pour autant, mérite d’être rendu plus accessible aux chercheurs. C’est pourquoi une édition critique de ce texte est entreprise dans le cadre d’un projet interdisciplinaire, à l’initiative du Centre de Musique Baroque de Versailles et sous la direction de Laurent Guillo (CMBV) et Jean-Philippe Goujon (Université de Tours).

L’objectif du projet est de diffuser une édition annotée de cette Histoire, sous la forme d’un livre numérique doté de liens interactifs avec les sources citées, et précédée d’une introduction assez développée dans laquelle plusieurs spécialistes pourront analyser un domaine particulier. Les questions que ce texte suscite sont en effet nombreuses :

- Comment est-il structuré ? Quelle est la place accordée à l’histoire administrative, à la biographie ou aux œuvres et comment cette répartition évolue-t-elle au cours des huit décennies traitées (1660-1740) ?

- Que dit-il des conditions d’exécution, de la musique, des lieux et des décors ?

- Quelle place est accordée dans cet ouvrage aux autres théâtres parisiens et notamment à la pratique de la parodie ?

- La biographie des artistes féminins et masculins (compositeurs, poètes, actrices et acteurs dansants et chantants, chorégraphes) ou des personnels suit-elle des modèles particuliers ?

- Sur quelles sources les frères Parfaict se sont-ils fondés pour enrichir leur ouvrage ? Sont-elles toutes citées et quel usage en font-ils ? Quelle y est la place de l’anecdote ? Quels ont été leurs informateurs, ont-ils eu accès à des biblio- thèques publiques ou privées ?

- Quels liens les frères Parfaict entretiennent-ils avec l’Académie royale de musique ? Avec les Menus-Plaisirs ?

- Comment la réception des œuvres est-elle traitée dans cette Histoire ? Quel regard critique ou esthétique les frères Parfaict portent-ils sur les opéras, les artistes et comment se positionnent-ils vis-à-vis de la modernité (Lully, l’après- Lully, l’avènement de Rameau...) ?

- Quelle est la place de cet essai inabouti dans la chronologie de leurs publications et qu’ont-ils fait de cette matière disponible mais non publiée ? A-t-elle été réemployée dans leur Dictionnaire des théâtres (1756) ?

- Quelle est l’histoire de la diffusion de ce texte, entre la copie manuscrite desti- née au censeur, les copies de Louis-François Beffara et les transcriptions modernes ?

D’autres approches thématiques (la danse, la réglementation, la censure, etc.) ou bien comparatistes (autres sources ou corpus similaires) sont également envisageables et bienvenues.

Le calendrier du projet est le suivant :

- Les chercheuses et chercheurs qui souhaitent participer à ce projet font part de leur proposition d’étude par mail aux organisateurs (lguillo@cmbv.com ; jean- philippe.goujon@univ-tours.fr. Ils recevront la transcription du texte en format PDF et une chronologie de la vie des frères Parfaict et de leur production.

- Le choix des contributions sera arrêté le 8 avril 2022.

- Le 9 juin 2022, les contributions seront exposées sous forme de communication orale lors d’une journée d’études au CMBV, destinée à favoriser les échanges et la réflexion autour de ce texte. Cette journée pourra être retransmise en visio- conférence pour le public intéressé.

- Les auteurs remettront pour la fin du mois de septembre un texte de quelques pages qui, ajouté aux autres contributions, constituera in fine l’introduction de l’édition de l’Histoire de l’Académie royale de musique. Les auteurs sont également invités à proposer les annotations au texte de l’Histoire qui leur sembleraient judicieuses.

- L’édition de l’Histoire sera mise en ligne avant la fin de l’année 2022 sur le site internet du CMBV.

 

Organisateurs:
Laurent GUILLO (Centre de Musique Baroque de Versailles) lguillo@cmbv.com
Jean-Philippe GOUJON (Université de Tours)  jean- philippe.goujon@univ-tours.fr

 

Projets encyclopédiques et circulation des savoirs, 1500-1750

Projets encyclopédiques et circulation des savoirs, 1500-1750

5e colloque international du CIREM 16/18

 

Organisé par Lyse Roy, Pascal Bastien et Claude La Charité 26-28 octobre 2022, Montréal

 

Le mot encyclopédie, introduit par Rabelais en français et défini par Guillaume Budé comme « érudition circulaire » conformément à son étymologie grecque de « cercle des connaissances », place en son centre le savoir et autorise à penser le fondement même du projet encyclopédique de la première modernité par ce mouvement de circulation des savoirs, opérations complexes de transformation, d’adaptation, de traduction, de translation, consubstantielles au déplacement d’un « lieu de savoir » à un autre (C. Jacob, 2014). Le projet encyclopédique procède à une opération intense d’intertextualité mettant en œuvre une « circulation circulaire de l’information » (P. Bourdieu, 1996), alors que, telle une « machine textuelle » vorace (S. Greilich et H. J. Lüsebrink, 2020), il copie, plagie, emprunte, adapte, absorbe, intègre, reprend des textes à d’autres ouvrages de référence ainsi qu’à une variété de textes anciens et contemporains. Ainsi, à l’image du cercle, le projet encyclopédique s’affirme en tant qu’unité et comme mouvement, sans fin, dans le déploiement des médiations et des transformations des contenus.

 

L’Encyclopédie de Denis Diderot et Jean Le Rond d’Alembert, considérée comme le paradigme du genre, a beaucoup mobilisé les études critiques sur l’encyclopédisme, c’est pourquoi ce colloque souhaite analyser le phénomène avant l’Encyclopédie et éviter le piège téléologique qui consiste à tout relier à l’anticipation de son avènement. Le colloque souhaite plutôt rendre compte de la variété et de la complexité de l’encyclopédisme avant la cristallisation du genre (J. Céard, 1991). En effet, les projets encyclopédiques se sont multipliés depuis la Renaissance, portés par l’humanisme, l’accumulation et l’inflation des connaissances et par la technologie de l’imprimerie. Si l’encyclopédisme humaniste ne se matérialise pas par la réalisation d’une encyclopédie au sens moderne du terme avant 1630, la notion s’impose dans la culture savante. Les projets encyclopédiques prennent des formes variées pour organiser l’abondance des savoirs, signifier des principes d’ordonnancement et de classification, assurer la circulation et transmission des savoirs. Les projets encyclopédiques se matérialisent certes par le livre comme l’a si bien analysé Ann Blair (2020) (dictionnaires spécialisés, ouvrages de référence, commentaires, compendium, listes, catalogues, etc.), mais aussi le transcendent par les métaphores et représentations totalisantes ordonnant et

 

classifiant les savoirs ; il entretient des rapports de proximité avec les collections (images, artefacts, livres), la bibliothèque, le musée, les archives, le récit de voyage, etc., dès lors que l’entreprise aspire à la totalité, à tout le moins à l’exhaustivité, propose une vision synoptique du monde, sinon d’un monde, et met en œuvre un projet pédagogique de transmission des savoirs.

 

Ce colloque propose une rencontre des disciplines (histoire, histoire de l’art, histoire des sciences, histoire du livre, littérature, philosophie) pour analyser les projets encyclopédiques de la première modernité dans ses formes matérielles et idéelles. Le colloque propose 3 directions à emprunter :

 

Dimensions spatiale et matérielle : «lieux de savoir» encyclopédique qu’ils soient textuels, physiques ou institutionnels; collection d’objets rassemblés dans un tout et la finalité de la collection, la matérialité du livre par un examen de la mise en page, l’analyse du processus d’édition des ouvrages, leur mise en marché, leur réception critique.

 

Agents porteurs des projets encyclopédiques : Humanistes, savants, pédagogues, érudits, lexicographes, imprimeurs-libraires, artistes, cartographes, collectionneurs, etc. engagés dans la mise en ordre des savoirs et des livres de référence ; le concept d’auteur et d’auctorialité dans le contexte d’élaboration collective des œuvres et de grande contamination des textes entre eux. Le lecteur qui consomme les contenus, les commente en marges et qui corrige les fautes.

 

Projets encyclopédiques comme projets intellectuel, culturel et pédagogique : principes d’ordonnancement, de classification, de balisage et délimitation des savoirs, et leur mise en relation ainsi que leur représentation; classement des archives, des livres, des objets. L’encyclopédisme comme idéal pédagogique; les problèmes de l’«utilité» des savoirs, l’idée de collection, les pratiques des collectionneurs dans leur ambition totalisante, la question de la responsabilité de la transmission des erreurs, celle de la nescience, des omissions ou des oublis sous-entendus dans tout projet de compilation qui vise l’exhaustivité ou encore des émotions sous-tendues par l’abondance des connaissances et l’élaboration laborieuse de ce type d’ouvrage. Au cœur du questionnement s’impose le concept de circulation des savoirs, cher à la nouvelle histoire des savoirs, compris dans ses déplacements intertextuels, intervisuels et hypertextuels et dans son mouvement dynamique et multidirectionnel de réception et de reconfiguration.

 
 

 

 

Christian Jacob, Qu’est-ce qu’un lieu de savoir ? Marseille, Open Edition Press, 2014. Pierre Bourdieu, Sur la télévision, Paris, Raisons d’agir, 1997.

Suzanne Greilich et Hans-Jürgen Lüsebrink (dir.), Écrire l’encyclopédisme du XVIIIe siècle à nos jours, Paris, Classiques Garnier, 2020.

Jean Céard, « Encyclopédie et encyclopédisme à la Renaissance », L’Encyclopédisme, Anne Becq (dir.), Paris, Aux Amateurs de livres, 1991, p. 57-67.

Ann Blair, Tant de choses à savoir. Comment maitriser l’information à l’époque moderne, Paris, Seuil, 2020.

 

La date limite de soumission des propositions : 5 avril 2022

 

Les communications auront une durée de 20 minutes. Les propositions doivent contenir un titre, un résumé de 200 mots, le nom, l’adresse électronique, le statut académique et l’affiliation institutionnelle du présentateur. Elles seront envoyées simultanément aux 3 organisateurs du colloque :

 

Lyse Roy : roy.lyse@uqam.ca

Pascal Bastien : bastien.pascal@uqam.ca Claude La Charité : claude_lacharite@uqar.ca

Revendications des gens de théâtre (interprètes et techniciens)

Revendications des gens de théâtre (interprètes et techniciens)

Jeudi 20 octobre 2022

dans le cadre du programme de recherche ThéPARis. Les Théâtres Parisiens sous l’Ancien Régime : transversalité des pratiques, circulation des personnes, enjeux esthétiques et poétiques

Organisation :

Emanuele De Luca (Université Côte d’Azur – CTEL)

Barbara Nestola (CESR-CMBV)

Jennifer Ruimi (Université Paul-Valéry Montpellier 3/ IRCL)

Des caprices de la chanteuse Antoinette de Saint-Huberty aux mémoires rédigés par Lekain à l’adresse des gentilshommes de la chambre, les revendications des gens de théâtre (acteurs, danseurs, chanteurs, musiciens, décorateurs, mais aussi auteurs) sont nombreuses. Si elles ont une importance variable selon qu’elles sont individuelles ou collectives, elles jouent un rôle indéniable dans la vie théâtrale parisienne au XVIIIe siècle. Dans le cadre du programme ThéPARis – Les Théâtres Parisiens sous l’Ancien Régime : transversalité des pratiques, circulation des personnes, enjeux esthétiques et poétiques, il nous semble essentiel d’interroger cette pratique de revendication et de comprendre si, et comment, les réclamations des gens de théâtres produisent des effets sociaux, de circulation théâtrale, voire de véritables conséquences‌ esthétiques, poétiques, spectaculaires.

Outre le fait que les revendications concernent parfois le statut même du comédien ou de la comédienne dans la société – on pense par exemple au combat de Mlle Clairon pour mettre un terme à l’excommunication des comédiens –, elles peuvent avoir des résonances sur le plan esthétique. Ainsi de la suppression des banquettes sur scène réclamée entre autres par Lekain, qui modifie complètement la relation au spectacle des spectateurs de la Comédie-Française. Il peut s’agir aussi de modifications de l’espace : c’est encore une fois Lekain qui convainc le duc de Duras de « diminuer la salle de la Comédie aux Tuileries », selon l’expression de Papillon de la Ferté, pour éviter aux acteurs de forcer sur leur voix. Il n’y a cependant pas qu’à la Comédie-Française que des acteurs‌ veulent faire entendre leur voix. À la Comédie-Italienne, les banquettes sur le plateau de l’Hôtel de Bourgogne sont éliminées peu de temps après l’initiative de la Comédie-Française. La voix des femmes actrices s’amplifie au cours du temps, pour réclamer une égalité statutaire par rapport aux collègues hommes dans une revendication proportionnelle à leur succès sur scène. Par rapport à la Comédie-Française, les Italiens revendiquent la possibilité de parler français. Les Français revendiquent, de leur part, la nécessité de restreindre le terrain esthétique et poétique des Italiens aux pièces à canevas et aux parodies, sans empiéter sur leur privilège. Les revendications de la Comédie-Française et de la Comédie-Italienne vis-à-vis des théâtres de foire deviennent presque paradigmatiques d’une confrontation serrée qui se déroule tout au long du XVIIIe siècle. Les Théâtres des foires seront capables de tirer profit des modèles poétiques italiens, de contourner les interdictions des Français et d’établir des rapports fructueux avec l’Opéra. À l’Académie royale de musique, les face-à-face entre les chanteurs et les directeurs ponctuent l’histoire de l’institution dès la disparition de Lully. Expression de voix individuelles dans un premier temps, ces revendications prennent aussi la forme de demandes collectives pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle, plus complexes à gérer par la hiérarchie.

Cette journée d’étude entend précisément établir une (ou plusieurs) typologie(s) des revendications et mesurer la portée de celles-ci : est-ce que les gens de théâtre bénéficient de moyens d’action nécessaires pour obtenir gain de cause ? Quels leviers utilisent-ils pour parvenir à leurs fins ? Ceux-ci se révèlent-ils efficaces ? Il s’agira aussi de se

demander si les exigences des acteurs et des autres gens de théâtre (individuellement ou collectivement) varient selon les salles où ceux-ci exercent, et si comédiens, chanteurs, danseurs réclament les mêmes choses.

Les autres lieux de la vie théâtrale (théâtre de société, de cour, de collège) sont-ils eux aussi des espaces propices aux revendications ? Est-ce que les circulations des théâtres à recettes aux théâtres gratuits (de cours, de formation, mondains) jouent un rôle dans l’émergence des demandes formulées par les acteurs professionnels des théâtres du roi et/ ou des théâtres de foire ?

Qu’en est-il par ailleurs des femmes ? Ont-elles les mêmes revendications que leurs homologues masculins ? Enfin, quel est le lien entre les différentes revendications des gens de théâtre et la construction de leurs carrières ? Celles-ci peuvent-elles servir une stratégie de carrière ?

Il s’agira également de se demander qui sont les cibles de ces revendications. À qui s’adressent-elles ? On a parlé des acteurs et des auteurs, dont les conflits sont souvent suffisamment médiatisés pour qu’on y pense spontanément, mais il existe également d’autres types de revendications et de luttes. Comment les gens de théâtre font-ils

valoir leurs droits entre eux, au sein d’une même troupe ? Ou par rapport aux chefs de troupe ? Ou encore par rapport au public ? Comment ces rapports de force se manifestent ?

Par ailleurs, existe-t-il des gens de théâtre sans revendication ? Si oui, on se demandera comment expliquer ce silence. Sans doute faut-il un terreau propice à ces revendications. Dans quelle mesure, cela a-t-il à voir avec une certaine visibilité de la profession, une forme d’assise‌ sociale ou de stabilité professionnelle ? En d’autres termes, est-ce que

les revendications des acteurs, chanteurs, danseurs font partie intégrante du processus de « sacre de l’acteur », comme l’ont étudié Florence Filippi, Sara Harvey et Sophie Marchand ?

On pourra voir ensuite dans quelle mesure ces demandes sont source de circulation. Si l’on sait que, souvent, des auteurs ou des compositeurs passent d’un théâtre à l’autre en raison de conflits‌ internes, qu’en est-il des acteurs, chanteurs, danseurs ? On tentera‌ le déterminer ce qui se passe quand une revendication n’a pas abouti et comment s’effectue la circulation entre les différents lieux‌ théâtraux.

 

Pistes de réflexion :

- Étude de cas de revendications dans les différents théâtres parisiens du XVIIIe siècle (Comédie-Française, Comédie-Italienne, Académie Royale de musique, théâtre

des Foires Saint-Germain et Saint-Laurent) en particulier quand celles-ci entraînent des effets de circulation d’un théâtre à l’autre. Étude des circulations entre théâtres payants et théâtres gratuits et de leur‌ influence sur la nature et l’efficacité des revendications.

- Revendications entraînant un bouleversement d’ordre‌ esthétique.

-Retours sur ces revendications (comme ceux de Papillon de la Ferté par exemple).

- Revendications et perspectives de genre : les femmes s’inscrivent-elles dans une démarche différente de celle‌ des hommes ?

-Existe-il une transversalité des revendications ?



Les propositions de communication, composées d’un texte de 2500 signes et d’une courte bio-bibliographie, sont à envoyer avant le 15 mars 2022 aux adresses suivantes :

emanuele.de-luca@univ-cotedazur.fr

bnestola@cmbv.com

jennifer.ruimi@univ-montp3.fr