Calls for Papers

And/or contributions sought

Collaborators for Digital Project -- "Generative Waters"

“Generative Waters” is an investigation of Palissy's Lost Grotto co-lead by Luis Rodríguez-Rincón (Assistant Professor of Spanish at Haverford College), and Kelley O'Brien (Assistant Professor of New Media at UNC Greensboro). Together we are working on a multi-phase project to recreate Bernard Palissy’s sixteenth-century ceramic grotto, as described in his text Architecture et Ordonnance de la grotto rustique (La Rochelle, 1563), as an immersive 3D environment to complement the translation into English of this description for the first time.

We have already translated his written description of the Grotto from French to English and are working to construct a 3D digital model of the space. Our hope is that this digital model will then take the form of a digital interactive space, specifically a webpage devoted to the translation and a navigable version of the model. Additionally we want to explore the use of Virtual Reality/VR headsets as an immersive animated experience of the model and a specifically designed directional soundtrack.

As part of this work, we are aiming to gather a group of humanist specialists (both art historians, literary scholars, and historians of Early Modern France) to help us brainstorm possible frameworks for bringing our immersive digital project to as wide a public and specialist audience as possible. In working towards this massive project, we are soliciting a multi-stage grant from the NEH to help support this work. One of the goals of the first stage would be to convene humanist scholars of the Renaissance together to discuss ways to best align our project with the needs and insights of specialists in the field. Can our model be made into a useful tool for Renaissance scholarship and pedagogy today? How can we ensure our website and model reflects the most up-to-date insights of specialists in the field? These are just some of the questions we hope to answer to help guide the realization of the project.

Our full Call for Collaborators can be found at in this google doc

Please email your qualifications, interests and questions to Kelley O’Brien at kaobrien@uncg.edu

Appel à contribution pour Albineana 37 (2025), dirigé par Mathilde Bernard, Nadine Kuperty-Tsur et Alicia Viaud

Le rapport d’Agrippa d’Aubigné aux femmes n’est pas simple ; l’enfant aegre partus ne doit sa vie qu’à la mort de l’une d’entre elles, ce qui peut expliquer une tendance à la mise à distance. De nombreuses femmes sont ainsi présentées comme des incarnations d’une altérité radicale : la mère, cette figure qui, pour absente qu’elle soit, hante l’entièreté de l’œuvre, sous des dehors la plupart du temps peu rassurants, mais néanmoins ambivalents[i] ; l’amante, qui revêt des habits pétrarquistes aux chatoiements inquiétants et qui, jeunesse éclatante a son double dans les vieilles repoussantes du Printemps[ii] ; les femmes « détestées », qui sont présentées comme des symboles de débauche[iii] ; les reines qui deviennent sorcières sous sa plume[iv] ; les parangons bibliques de l’impiété – Jézabel[v] et autres Athalie – ; ou les femmes mythiques venues du monde gréco‑romain pour faire du poète une proie, Diane la chasseresse[vi], qui bien sûr se cache dans la belle Salviati, autre menace de mort.

À côté de ces femmes si diverses en possibilité d’anéantissement du corps et de l’âme de l’écrivain – car ces figures sont avant tout littéraires –, Agrippa d’Aubigné offre aux lecteurs de nombreux exemples de femmes admirables, qui dans leur grandeur n’en sont pas moins pour la plupart également mises à distance. Au rang de ces femmes viennent en premier lieu les martyres : les sœurs Foucaude – des enfants –, Jane Gray, jeune, reine, vertueuse et pieuse[vii]… Puis les reines protestantes qui ont su gouverner en homme, éloge équivoque s’il en est : Elizabeth, Jeanne d’Albret[viii], figurant de nouvelles Deborah.

Enfin viennent d’autres femmes, plus accessibles sans doute, celles qui se sacrifient pour leur parti, comme Catherine de Bourbon[ix], nouvelle Esther, des femmes poètes et salonnières comme les dames des Roches[x] ou, plus proches encore du peuple, ces figures de la dévotion, jeune fille allaitant le vieillard et à l’inverse femme âgée (aux mamelles taries) allaitant un nourrisson. Quelques‑unes enfin, bien réelles celles‑là, tissées à la vie d’Agrippa d’Aubigné et présentes en ses écrits : ses femmes, ses filles.

Comment dès lors concilier ce mélange d’attirance et de répulsion dont le Printemps se fait l’écho, d’admiration pour des femmes qui sont le lieu et la preuve de la grâce suprême de Dieu, n’agissant jamais tant que lorsqu’elle élève la faiblesse, et de mépris horrifié pour la putain et la sorcière, de connivence[xi] et de hiérarchisation des rapports[xii] ? Comment comprendre que la femme soit le plus souvent tenue à distance respectable : faut‑il en chercher les raisons dans les structures patriarcales d’une société qui n’assigne pas aux femmes un rôle de même importance qu’aux hommes, dans la vie d’un enfant à qui a manqué une présence féminine, d’un amant éconduit, d’un veuf éploré, d’un sujet méfiant d’une souveraine aux finesses italiennes ? Quel est le sens de la parole ou du silence des femmes dans l’œuvre d’Agrippa d’Aubigné ? Comment les voix féminines et les voix de l’énonciateur se mêlent‑elles et dans quelle optique[xiii] ? Quelle possibilité les femmes protestantes ont‑elles de se faire entendre[xiv] ? Peut‑on, avec Catharina Randall Coats[xv], penser un « parler mystique » de la femme albinéenne, qui l’élèverait à un statut équivalent à celui de l’énonciateur de la fin des Tragiques, « extatique », « au giron de son Dieu » ?

Les articles s’intéresseront aux différents aspects de la présence des femmes dans la vie et dans l’œuvre d’Agrippa d’Aubigné. Ils pourront adopter un angle biographique, interrogeant le rôle des amants, des épouses et des filles dans l’existence de l’écrivain, et croiser cette approche avec une analyse des représentations des figures féminines dans l’œuvre. On pourra également axer sa réflexion sur la dimension symbolique et mythique de la représentation des femmes admirées ou honnies, sur la trace, l’inflexion féminines de l’écriture ; considérer la question politique, la résistance, le zèle des femmes ; voir comment en elles réside paradoxalement la plus grande fiance d’Agrippa (les plus zélés sont pour beaucoup des femmes) et son plus grand effroi (les plus machiavéliques sont sans doute des femmes). Les articles se demanderont comment concilier les rapports de l’homme avec les personnes et les rapports de l’écrivain avec les êtres de papier, afin de rendre compte d’une vision des femmes plus riche que les passages canoniques offrant à les voir victimes ou démons nous laissent augurer. Le volume s’ouvrira à des articles présentant la place particulière de la femme protestante à cette époque, ainsi qu’à des réflexions plus larges sur la représentation des femmes à la Renaissance.

Les propositions de contribution, de quelques lignes, sont à rendre avant le 31 mai 2024 aux adresses suivantes : bernardm@parisnanterre.fralicia.viaud@umontreal.cakuperty@tauex.tau.ac.il.

Après acceptation de la proposition de contribution, les articles d’environ 30 000 signes, en français ou en anglais, seront à rendre pour le 1er mars 2025.

[i] Voir Jean‑Raymond Fanlo, Tracés, ruptures. La composition instable des Tragiques, Paris, Champion, 1990, chap. I, 3.2, « Les figures ambivalentes de la mère », p. 83‑87.

[ii] Voir Véronique Ferrer, L’Amoureuse rage. Agrippa d’Aubigné poète profane, Genève, Droz, 2022 et Le Printemps, Julien Goeury (éd.), Paris, Classiques Garnier, 2023.

[iii] Voir Éliane Viennot, « Agrippa d’Aubigné, Marguerite de Valois et le Divorce satyrique », Albineana, 7, 1996, p. 87-111.

[iv] Voir Jean‑Raymond Fanlo, « Catherine de Médicis, monstre femelle. Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques, livre I », dans Régis Bertrand et Anne Carol (dir.), Le « Monstre » humain : Imaginaire et société [en ligne], Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2005.

[v] Voir Gisèle Matthieu‑Castellani, Agrippa d’Aubigné. Le Corps de Jézabel, Paris, Presses universitaires de France, 1991.

[vi] Voir Jean‑Raymond Fanlo et Marie‑Dominique Legrand (dir.), Le Mythe de Diane en France au XVIe siècle, Albineana, 14, 2002.

[vii] Voir Antoinette Gimaret, « “Ses gants et son livret pour faire testament”. Le récit de la mort de Jane Grey dans l’Histoire des Martyrs de Jean Crespin et les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné », dans Line Cottegnies, Anne‑Marie Miller‑Blaise et Christine Sukic (dir.), Objets et anatomie du corps héroïque dans l’Europe de la première modernité, Paris, Classiques Garnier, 2019, p. 25‑45.

[viii] Voir Marie‑Madeleine Fragonard, « L’éloge d’Elisabeth », dans François Charpentier (dir.), Les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné. Actes de la journée d’étude Agrippa d’Aubigné, 9 nov. 1990, Cahiers Textuel, 9, 19 1, p. 39-52 ; Cécile Huchard, « Jeanne d’Albret, Élisabeth d’Angleterre, reines, et héroïnes protestantes ? », dans Gilbert Schrenck, Anne-Elisabeth Spica, Pascale Thouvenin (dir.), Héroïsme féminin et femmes illustres (XVIe‑XVIIe siècles). Une représentation sans fiction, Paris, Classiques Garnier, 2019, p. 91‑105.

[ix] Voir le Traitté des douceurs de l’affliction, Gilbert Schrenck (éd), dans Œuvres, t. III, Paris, Garnier, 2014.

[x] Voir Madeleine Lazard, « Deux féministes poitevines au XVIe siècle : Les dames des Roches », Albineana, 3, 1990, p. 143‑153.

[xi] Cette connivence et cette proximité confiante furent semblent‑ils au fondement des liens conjugaux qui unissait Agrippa d’Aubigné tant à Suzanne de Lezay qu’à Renée Burlamacchi (voir Gilbert Schrenck, notices en ligne sur les femmes d’Agrippa d’Aubigné dans le Grand Dictionnaire des Femmes de l’Ancien Régime, 2005 : Aubigné (Michèle), Burlamacchi (Renée), L’Estang (Catherine de), Lezay (Suzanne de), Limur (Anne de), Salviati (Diane)). Elle marque aussi la couleur de la relation qu’il a entretenue avec Catherine de Bourbon, mélange de respect, d’admiration et d’amitié (outre son introduction de l’édition du Traitté des douceurs de l’affliction, on pourra consulter l’article suivant de Gilbert Schrenck : « Rhétorique de l’affliction : Catherine de Bourbon, Agrippa d’Aubigné et la Conférence de Nancy (1600) », dans Claude La Charité et Roxanne Roy (dir.), Femmes, rhétorique et éloquence sous l’Ancien Régime, Saint-Étienne, Publications de l’université de Saint-Étienne, 2012, p. 299‑310).

[xii] Rare sont les femmes qui peuvent gouverner et il semble clair par ailleurs qu’Agrippa d’Aubigné n’assigne pas le même rôle aux femmes qu’aux hommes, comme en témoigne la Lettre à ses filles.

[xiii] Voir Samuel Junod, « Voix féminines dans l’œuvre d’Aubigné », Women in French Studies, 11, 2003, p. 25‑37.

[xiv] Catharina Randall Coats, « Shouting Down Abraham: How Sixteenth Century Huguenot Women Found Their Voice », Renaissance Quarterly, vol. 50, 2, 1997, p. 411‑442?

[xv] Catharina Randall Coats, « La femme : un prétexte silencieux dans l’œuvre d’Agrippa d’Aubigné », Albineana, 7, 1996, p. 76.

Palissy's Lost Grotto NEH Digital Projects for the Public

Generative Waters” is an investigation of Palissy's Lost Grotto co-lead by Luis Rodríguez-Rincón (Assistant Professor of Spanish at Haverford College), and Kelley O'Brien (Assistant Professor of New Media at UNC Greensboro). Together we are working on a multi-phase project to recreate Bernard Palissy’s sixteenth-century ceramic grotto, as described in his text Architecture et Ordonnance de la grotto rustique (La Rochelle, 1563), as an immersive 3D environment to complement the translation into English of this description for the first time.

We have already translated his written description of the Grotto from French to English and are working to construct a 3D digital model of the space. Our hope is that this digital model will then take the form of a digital interactive space, specifically a webpage devoted to the translation and a navigable version of the model. Additionally we want to explore the use of Virtual Reality/VR headsets as an immersive animated experience of the model and a specifically designed directional soundtrack.

As part of this work, we are aiming to gather a group of humanist specialists (both art historians, literary scholars, and historians of Early Modern France) to help us brainstorm possible frameworks for bringing our immersive digital project to as wide a public and specialist audience as possible. In working towards this massive project, we are soliciting a multi-stage grant from the NEH to help support this work. One of the goals of the first stage would be to convene humanist scholars of the Renaissance together to discuss ways to best align our project with the needs and insights of specialists in the field. Can our model be made into a useful tool for Renaissance scholarship and pedagogy today? How can we ensure our website and model reflects the most up-to-date insights of specialists in the field? These are just some of the questions we hope to answer to help guide the realization of the project.

Our full Call for Collaborators can be found at in this google doc

Please email your qualifications, interests and questions to Kelley O’Brien at kaobrien@uncg.edu

Les femmes dans la vie et l'oeuvre d'Agrippa d'Aubigné / Women in the life and writings of Agrippa d'Aubigné

Appel à contribution pour Albineana 37 (2025), dirigé par Mathilde Bernard, Nadine Kuperty-Tsur et Alicia Viaud

Le rapport d’Agrippa d’Aubigné aux femmes n’est pas simple ; l’enfant aegre partus ne doit sa vie qu’à la mort de l’une d’entre elles, ce qui peut expliquer une tendance à la mise à distance. De nombreuses femmes sont ainsi présentées comme des incarnations d’une altérité radicale : la mère, cette figure qui, pour absente qu’elle soit, hante l’entièreté de l’œuvre, sous des dehors la plupart du temps peu rassurants, mais néanmoins ambivalents[i] ; l’amante, qui revêt des habits pétrarquistes aux chatoiements inquiétants et qui, jeunesse éclatante a son double dans les vieilles repoussantes du Printemps[ii] ; les femmes « détestées », qui sont présentées comme des symboles de débauche[iii] ; les reines qui deviennent sorcières sous sa plume[iv] ; les parangons bibliques de l’impiété – Jézabel[v] et autres Athalie – ; ou les femmes mythiques venues du monde gréco‑romain pour faire du poète une proie, Diane la chasseresse[vi], qui bien sûr se cache dans la belle Salviati, autre menace de mort.

À côté de ces femmes si diverses en possibilité d’anéantissement du corps et de l’âme de l’écrivain – car ces figures sont avant tout littéraires –, Agrippa d’Aubigné offre aux lecteurs de nombreux exemples de femmes admirables, qui dans leur grandeur n’en sont pas moins pour la plupart également mises à distance. Au rang de ces femmes viennent en premier lieu les martyres : les sœurs Foucaude – des enfants –, Jane Gray, jeune, reine, vertueuse et pieuse[vii]… Puis les reines protestantes qui ont su gouverner en homme, éloge équivoque s’il en est : Elizabeth, Jeanne d’Albret[viii], figurant de nouvelles Deborah.

Enfin viennent d’autres femmes, plus accessibles sans doute, celles qui se sacrifient pour leur parti, comme Catherine de Bourbon[ix], nouvelle Esther, des femmes poètes et salonnières comme les dames des Roches[x] ou, plus proches encore du peuple, ces figures de la dévotion, jeune fille allaitant le vieillard et à l’inverse femme âgée (aux mamelles taries) allaitant un nourrisson. Quelques‑unes enfin, bien réelles celles‑là, tissées à la vie d’Agrippa d’Aubigné et présentes en ses écrits : ses femmes, ses filles.

Comment dès lors concilier ce mélange d’attirance et de répulsion dont le Printemps se fait l’écho, d’admiration pour des femmes qui sont le lieu et la preuve de la grâce suprême de Dieu, n’agissant jamais tant que lorsqu’elle élève la faiblesse, et de mépris horrifié pour la putain et la sorcière, de connivence[xi] et de hiérarchisation des rapports[xii] ? Comment comprendre que la femme soit le plus souvent tenue à distance respectable : faut‑il en chercher les raisons dans les structures patriarcales d’une société qui n’assigne pas aux femmes un rôle de même importance qu’aux hommes, dans la vie d’un enfant à qui a manqué une présence féminine, d’un amant éconduit, d’un veuf éploré, d’un sujet méfiant d’une souveraine aux finesses italiennes ? Quel est le sens de la parole ou du silence des femmes dans l’œuvre d’Agrippa d’Aubigné ? Comment les voix féminines et les voix de l’énonciateur se mêlent‑elles et dans quelle optique[xiii] ? Quelle possibilité les femmes protestantes ont‑elles de se faire entendre[xiv] ? Peut‑on, avec Catharina Randall Coats[xv], penser un « parler mystique » de la femme albinéenne, qui l’élèverait à un statut équivalent à celui de l’énonciateur de la fin des Tragiques, « extatique », « au giron de son Dieu » ?

Les articles s’intéresseront aux différents aspects de la présence des femmes dans la vie et dans l’œuvre d’Agrippa d’Aubigné. Ils pourront adopter un angle biographique, interrogeant le rôle des amants, des épouses et des filles dans l’existence de l’écrivain, et croiser cette approche avec une analyse des représentations des figures féminines dans l’œuvre. On pourra également axer sa réflexion sur la dimension symbolique et mythique de la représentation des femmes admirées ou honnies, sur la trace, l’inflexion féminines de l’écriture ; considérer la question politique, la résistance, le zèle des femmes ; voir comment en elles réside paradoxalement la plus grande fiance d’Agrippa (les plus zélés sont pour beaucoup des femmes) et son plus grand effroi (les plus machiavéliques sont sans doute des femmes). Les articles se demanderont comment concilier les rapports de l’homme avec les personnes et les rapports de l’écrivain avec les êtres de papier, afin de rendre compte d’une vision des femmes plus riche que les passages canoniques offrant à les voir victimes ou démons nous laissent augurer. Le volume s’ouvrira à des articles présentant la place particulière de la femme protestante à cette époque, ainsi qu’à des réflexions plus larges sur la représentation des femmes à la Renaissance.

Les propositions de contribution, de quelques lignes, sont à rendre avant le 31 mai 2024 aux adresses suivantes : bernardm@parisnanterre.fralicia.viaud@umontreal.cakuperty@tauex.tau.ac.il.

Après acceptation de la proposition de contribution, les articles d’environ 30 000 signes, en français ou en anglais, seront à rendre pour le 1er mars 2025.

[i] Voir Jean‑Raymond Fanlo, Tracés, ruptures. La composition instable des Tragiques, Paris, Champion, 1990, chap. I, 3.2, « Les figures ambivalentes de la mère », p. 83‑87.

[ii] Voir Véronique Ferrer, L’Amoureuse rage. Agrippa d’Aubigné poète profane, Genève, Droz, 2022 et Le Printemps, Julien Goeury (éd.), Paris, Classiques Garnier, 2023.

[iii] Voir Éliane Viennot, « Agrippa d’Aubigné, Marguerite de Valois et le Divorce satyrique », Albineana, 7, 1996, p. 87-111.

[iv] Voir Jean‑Raymond Fanlo, « Catherine de Médicis, monstre femelle. Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques, livre I », dans Régis Bertrand et Anne Carol (dir.), Le « Monstre » humain : Imaginaire et société [en ligne], Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2005.

[v] Voir Gisèle Matthieu‑Castellani, Agrippa d’Aubigné. Le Corps de Jézabel, Paris, Presses universitaires de France, 1991.

[vi] Voir Jean‑Raymond Fanlo et Marie‑Dominique Legrand (dir.), Le Mythe de Diane en France au XVIe siècle, Albineana, 14, 2002.

[vii] Voir Antoinette Gimaret, « “Ses gants et son livret pour faire testament”. Le récit de la mort de Jane Grey dans l’Histoire des Martyrs de Jean Crespin et les Tragiquesd’Agrippa d’Aubigné », dans Line Cottegnies, Anne‑Marie Miller‑Blaise et Christine Sukic (dir.), Objets et anatomie du corps héroïque dans l’Europe de la première modernité, Paris, Classiques Garnier, 2019, p. 25‑45.

[viii] Voir Marie‑Madeleine Fragonard, « L’éloge d’Elisabeth », dans François Charpentier (dir.), Les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné. Actes de la journée d’étude Agrippa d’Aubigné, 9 nov. 1990, Cahiers Textuel, 9, 19 1, p. 39-52 ; Cécile Huchard, « Jeanne d’Albret, Élisabeth d’Angleterre, reines, et héroïnes protestantes ? », dans Gilbert Schrenck, Anne-Elisabeth Spica, Pascale Thouvenin (dir.), Héroïsme féminin et femmes illustres (XVIe‑XVIIe siècles). Une représentation sans fiction, Paris, Classiques Garnier, 2019, p. 91‑105.

[ix] Voir le Traitté des douceurs de l’affliction, Gilbert Schrenck (éd), dans Œuvres, t. III, Paris, Garnier, 2014.

[x] Voir Madeleine Lazard, « Deux féministes poitevines au XVIe siècle : Les dames des Roches », Albineana, 3, 1990, p. 143‑153.

[xi] Cette connivence et cette proximité confiante furent semblent‑ils au fondement des liens conjugaux qui unissait Agrippa d’Aubigné tant à Suzanne de Lezay qu’à Renée Burlamacchi (voir Gilbert Schrenck, notices en ligne sur les femmes d’Agrippa d’Aubigné dans le Grand Dictionnaire des Femmes de l’Ancien Régime, 2005 : Aubigné (Michèle), Burlamacchi (Renée), L’Estang (Catherine de), Lezay (Suzanne de), Limur (Anne de), Salviati (Diane)). Elle marque aussi la couleur de la relation qu’il a entretenue avec Catherine de Bourbon, mélange de respect, d’admiration et d’amitié (outre son introduction de l’édition du Traitté des douceurs de l’affliction, on pourra consulter l’article suivant de Gilbert Schrenck : « Rhétorique de l’affliction : Catherine de Bourbon, Agrippa d’Aubigné et la Conférence de Nancy (1600) », dans Claude La Charité et Roxanne Roy (dir.), Femmes, rhétorique et éloquence sous l’Ancien Régime, Saint-Étienne, Publications de l’université de Saint-Étienne, 2012, p. 299‑310).

[xii] Rare sont les femmes qui peuvent gouverner et il semble clair par ailleurs qu’Agrippa d’Aubigné n’assigne pas le même rôle aux femmes qu’aux hommes, comme en témoigne la Lettre à ses filles.

[xiii] Voir Samuel Junod, « Voix féminines dans l’œuvre d’Aubigné », Women in French Studies, 11, 2003, p. 25‑37.

[xiv] Catharina Randall Coats, « Shouting Down Abraham: How Sixteenth Century Huguenot Women Found Their Voice », Renaissance Quarterly, vol. 50, 2, 1997, p. 411‑442?

[xv] Catharina Randall Coats, « La femme : un prétexte silencieux dans l’œuvre d’Agrippa d’Aubigné », Albineana, 7, 1996, p. 76.

MLA Forum on French Sixteenth-Century Language, Literature, and Culture

FRENCH SIXTEENTH-CENTURY CALLS FOR PAPERS: MLA 2025

 

The MLA Forum on French Sixteenth-Century Language, Literature, and Culture invites proposals (in French or English) on the following topic for the Modern Language Association of America’s annual convention (MLA 2025), to be held in New Orleans, 9–12 January 2025. (MLA membership required by April. For regular members traveling from outside the US, small grants are available.) Feel free to circulate this call.

 

For more information on the MLA convention, please see:

https://www.mla.org/Events/2025-MLA-Convention

 

New Work in Sixteenth-Century French Literary and Cultural Studies

The Executive Committee for the Forum on Sixteenth-Century French Literature invites proposals (in French or English) for papers on any aspect of sixteenth-century French literature and culture to be delivered at the MLA convention in New Orleans, 9–12 January 2025. We will consider scholarship from a variety of perspectives and theoretical approaches, and welcome abstracts from scholars at any stage of their careers. Please send a 250-word abstract and brief CV to Hassan Melehy (hmelehy@unc.edu) by 15 March 2020.

 

Teaching the French Sixteenth Century in the Twenty-First century

How do we teach sixteenth-century literature and culture in the twenty-first century? The Executive Committee for the Forum on Sixteenth-Century French Language, Literature, and Culture invites proposals for a roundtable on this subject at the MLA Convention in New Orleans, January 9–12, 2025. We are interested in all aspects of the question. Please send a 250-word abstract and brief CV to Charles-Louis Morand-Métivier (cmorandm@uvm.edu) by 15 March 2020.

 

Seeing, Watching, Looking in Sixteenth Century France (1480–1630)

Beyond eyewitness testimony and our modern emphasis on eyesight, how do writers and characters see, watch, look at things and beings in the long sixteenth century (1480–1630), in France and in other Francophone regions? What implications do literary and cultural explorations of scopic acts have on fields of knowledge and practice such as—among others—aesthetic representation, embodied cognition, relationality and intersubjectivity, and power and agency? What figurative implications prevail? How does seeing intersect with other sensory perceptions? We welcome proposals examining significant genre differences, in particular: What are the messenger recounting acts of violence on the tragic stage, the mystic transcribing her vision, the ethnographer watching alien rituals, the philosopher eulogizing a blind sage, the lover circumscribing forbidden sights, the prophet articulating the invisible, or the poet dismembering beauty in a blason or satire, really doing, literarily? And—within and beyond literature—how do different forms afford different ways to experience and think about seeing and looking? Please send a 250-word abstract and brief CV to Corinne Noiroit (cnoirot@vt.edu) by 15 March 2020.


 

Théâtre de femmes et femmes au théâtre: dramaturges, traductrices, actrices et critiques de théâtre en Europe du XVIIe au XIXe

« Les compétences des femmes en matière de théâtre, roman, poésie, essais et lettres, brochures pamphlets, articles de journaux ainsi que dans le domaine de la traduction ont notoirement contribué à la culture et à la société du temps, et en ont infléchi le cours »[1], ainsi s’exprime, dans un ouvrage de synthèse récent sur l’écriture féminine au XVIIIe siècle en France, Christie McDonald, en évoquant une réalité qu’un nombre croissant de travaux ne cesse d’explorer depuis des décennies en Europe et ailleurs.

Ce colloque entend apporter une contribution aux recherches qui visent à donner une visibilité et une évaluation critique aux « compétences » intellectuelles des femmes, en ciblant particulièrement le domaine théâtral. Pour cela, il entend comparer les situations et les évolutions en Europe du XVIIe au XIXe siècle. En effet, durant cette période, semble se développer une « volonté commune d’affirmer l’auteurité féminine »[2]. Le colloque s’intéressera donc à cette affirmation progressive.

Du XVIIe au XIXe siècle, le théâtre semble occuper une place intermédiaire, pour ce qui est de l’accessibilité des femmes à la création intellectuelle et artistique, entre la poésie, le roman, le journalisme, l’écriture épistolaire – des genres qu’elles pratiquent de plus en plus, donc objets de la recherche contemporaine –  et l’essai érudit ou scientifique, la prose historique, le poème épique entre autres, considérés par la société intellectuelle du temps comme plus élevés, fréquentés dans une proportion bien moindre par les femmes.

Cet espace « intermédiaire » pourra être interrogé selon quatre axes principaux, quoique non exclusifs :

L’exploration des œuvres des dramaturges et librettistes qui écrivent pour la scène (nombreuses) et qui arrivent à se faire représenter ou à mettre en scène elles-mêmes leurs pièces (beaucoup moins nombreuses).

L’activité des traductrices de théâtre et des critiques femmes qui écrivent des comptes-rendus des spectacles ou du théâtre imprimé.

La participation des femmes aux discussions esthétiques et théoriques sur le théâtre et à la promotion, la circulation et la représentation des pièces.

Le travail des actrices œuvrant en contact avec les dramaturges dans la construction de leurs personnages et de la mise en scène théâtrale.

On pourra en particulier se demander comment écrivent les femmes et ce qu’elles écrivent des femmes, autrement dit comment les femmes investissent ces champs, étant donné la contrainte qui pèse sur leur rôle social et donc sur leur production littéraire et critique. Il sera intéressant d’explorer les subtilités de leur discours implicite afin de voir si émerge une poétique du féminin propre à certaines aires culturelles ou plus largement européenne.

Les propositions de communication (2000 signes environ), assorties d’une brève notice bio-bibliographique, sont à envoyer pour le 30 avril 2024 conjointement à Morgane Kappès-Le Moing (Morgane.Kappes@univ-st-etienne.fr), Fanny Platelle (Fanny.Platelle@uca.fr) et Paola Roman (Paola.Roman@uca.fr).

Langues de travail : le français est encouragé, l’allemand, l’espagnol, l’italien et l’anglais sont possibles.

Comité d’organisation :

Morgane Kappès-Le Moing, maîtresse de conférences en civilisation et littérature espagnoles, IHRIM (UMR 5317), Université Jean Monnet Saint-Étienne.

Fanny Platelle, maîtresse de conférences en études germaniques, CELIS (UR 4280), Université Clermont Auvergne.

Paola Roman, maîtresse de conférences en études italiennes, CELIS (UR 4280), Université Clermont Auvergne.

Lieu : Maison des Sciences de l’Homme, 4 rue Ledru, 63057 Clermont-Ferrand

 

[1] Martine Reid (dir.), Femmes et Littérature : une histoire culturelle, I Moyen Âge-XVIIIe siècle, Paris, Gallimard, 2020, Quatrième partie. Le dix-huitième siècle 1715-1793, « Introduction » par Christie McDonald, p. 721.

[2] Isabelle Rouane Soupault, Une si vertueuse audace… Les femmes dramaturges dans l’Espagne du XVIIe siècle, Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence, 2021, p. 59.

LLC 17th-Century French Forum -- MLA 2025

New Perspectives on ‘New France’ and the Colonial Caribbean (proposed panel co-sponsored with LLC 18th-Century French forum)

What sources and/or methods should we be using to understand France's relationship to N. America and the Caribbean in the early modern period?  

250-word proposals to David Harrison (harrisod@grinnell.edu) and Logan Connors (logan.connors@miami.edu) by March 15.

 

Whiteness in/beyond Early Modern France (guaranteed roundtable)

What were the meanings of whiteness in early modern France? In the colonies? How did moral, aesthetic, or philosophical valences inform racial constructions? Thinking with premodern critical race studies, what invisible work did whiteness do?

Proposals (100 words max.) for 7-minute contributions to Ashley Williard by March 15 at awilliar@mailbox.sc.edu.

 

Who Are the Publics for Early Modern Studies? (guaranteed roundtable)

Given the political and economic challenges facing the languages and literatures today, how could early modernists address a broader public? What media might scholars use to reach a non-academic audience and promote the field?

Proposals (100 words max.) for 7-minute contributions to Jeffrey Peters by March 15 at jnp@uky.edu.

CfP: Journée d'étude - Voyager et commercer du Moyen Âge à la période moderne (XII-XVIIe siècles) - 2 avril 2024

Journée d’étude

Voyager et commercer du Moyen Âge à la période moderne (XII e -XVII e siècles)

2 avril 2024, Maison de la Recherche, salle de colloque 2, 29 avenue Robert Schuman

Université Aix-Marseille, laboratoire du CIELAM

Université Bordeaux Montaigne, UR 24142 Plurielles

Présentation du projet

Principalement adressée aux littéraires, aux historiens ou encore aux géographes, cette manifestation scientifique proposera une réflexion sur les voyageurs marchands au cours de la période s’étendant du xiie au xviie siècle en se fondant sur un corpus de récits et journaux de voyage, de carnets de bord, de manuels pour marchands, ou encore de notations chiffrées relatives aux transactions commerciales opérées par les voyageurs[i]. Il s’agira d’analyser les récits et retours d’expériences de voyageurs marchands ainsi que la manière dont ceux-ci témoignent de leurs pratiques mais aussi de l’état des voies du commerce, de la création ou de l’évolution de réseaux d’échanges ou encore de la circulation de denrées et d’objets en tous genres.

 

Argumentaire

S’il existe plusieurs études pluriséculaires sur le commerce international, rares sont celles qui proposent une analyse de l’évolution des pratiques de commerce et de leur représentation sur une large période, du Moyen Âge jusqu’au xviie siècle. En effet, de nombreux travaux portent sur les impacts de l’ère industrielle et de la mondialisation aux xixe et xxe siècles. Certaines études se sont également consacrées à l’analyse de l’évolution du commerce lors de l’époque moderne. Parmi ces dernières, la plupart se sont concentrées sur une période située soit de l’extrême fin du Moyen Âge jusqu’au xviie siècle, soit du xviie ou du xviiie siècle à nos jours. Ainsi en est-il de Civilisation matérielle, économie et capitalisme, xve-xviiie siècle. Les Jeux de l’échange[ii] de Fernand Braudel, ou, plus récemment, de Commerce, voyage et expérience religieuse (Europe, xvie-xviiie siècle)[iii]. La question spécifique de la circulation d’objets a par ailleurs donné lieu à plusieurs ouvrages collectifs dirigés par Sylvain Venayre et Pierre Singaravélou[iv], qui étudient notamment les phénomènes de transferts culturels et la mondialisation impliqués par ces déplacements. Quant à la période médiévale, elle a souvent fait l’objet d’un traitement indépendant. Ainsi, le système économique médiéval a par exemple été étudié par Jacques Le Goff, dans Le Moyen Âge et l’argent, tandis que les ouvrages Levant trade in the later Middle Ages d’Eliyahu Ashtor et De l’or et des épices. Naissance de l’homme d’affaires au Moyen Âge de Jacques Favier ont plus particulièrement analysé les échanges commerciaux entre divers territoires.

En premier lieu, l’originalité de cette journée d’étude réside dans le choix d’une approche pluridisciplinaire pour étudier cette question de l’activité commerciale, qui sera appréhendée non pas uniquement à travers le prisme de l’histoire économique, mais aussi en fonction des représentations qu’en livrent les voyageurs eux-mêmes. Cette perspective implique d’associer par exemple les apports des disciplines de l’histoire et de la littérature, à l’instar de ce qu’ont proposé Ҫınla Akdere et Christine Baron dans Economics and Literature, A Comparative and Interdisciplinary Approach[v], en invitant leurs lecteurs à considérer la complémentarité des approches économiques et littéraires et en montrant comment la littérature a pu traiter d’économie dès le Moyen Âge. Christian Biet, Yves Citton et Martial Poirson ont également interrogé les frontières entre l’économie et les textes littéraires entre le xviie et le xixe siècles[vi].

En second lieu, cette journée d’étude a pour ambition d’embrasser une large période chronologique, qui s’étendra du xiie au xviie siècle, réunissant le Moyen Âge et la période moderne, généralement traités séparément. Si la majeure partie des écrits viatiques médiévaux qui nous sont parvenus proviennent de pèlerins et de missionnaires, certains marchands, à l’instar du célèbre Marco Polo, ont également pu laisser à la postérité des récits ou des traces écrites de leurs voyages. En outre, le xie et le xiie siècles sont marqués par un essor démographique et urbain important en Occident et par le développement de pôles et d’acteurs majeurs (Venise, Gênes, la ligue hanséatique…) dans le commerce international. D’un point de vue linguistique et littéraire, le tournant du xiie au xiiie siècle peut être intéressant car il mène, selon Friedrich Wolfzettel, à l’émergence d’« un discours du voyageur autonome[vii] », notamment du fait de « l’appropriation intellectuelle de l’Asie[viii] ».

L'élargissement du territoire des échanges consécutif de la découverte du Nouveau Monde – où se développent par exemple la traite du bois de brésil, de morue et de queues de castors au début du xvie siècle – et l’inflation constante de la production de la littérature viatique tout au long du xviie siècle[ix] justifient la prise en compte de la première modernité dans le champ de notre étude. Nous retiendrons la fin du xviie siècle comme borne chronologique finale, la liquidation de la Compagnie des Indes orientales marquant l’avènement d’une nouvelle ère. En effet, la multiplication de compagnies de commerce privées va de pair avec une accélération et une systématisation des échanges qui marquent le développement de ce que d’aucuns ont qualifié de « protomondialisation[x] » ou de « protocapitalisme[xi] ».

 

 

Axes de recherche

Axe 1 – Les routes terrestres et maritimes

Cet axe est centré autour de l’émergence ou de l’évolution de voies commerciales compte tenu de divers événements historiques, politiques voire religieux. Par exemple, après la prise de Saint-Jean d’Acre, certains voyageurs occidentaux, contraints de traverser des pays musulmans, ont dû avoir recours à des pratiques de dissimulation, comme le fait de prendre l’habit étranger. Juste Lipse, dans sa lettre à Philippe de Lannoy, érigera d’ailleurs en principe fondamental du voyage le fait de masquer son identité pour se déplacer en dehors de son pays[xii]. Le développement de voies maritimes a également pu être considéré comme une solution de contournement des voies terrestres. Il s’agira donc d’envisager ces deux types de voies (terrestres et maritimes) et de voir ce qu’elles impliquent en termes de choix stratégiques et d’enjeux. Il conviendra aussi d’analyser les propos des marchands sur la praticabilité des différentes voies et sur les dimensions concrètes liées aux trajets empruntés : conditions de passage des frontières, droits de douane, passeports et laissez-passer, ou encore nécessité de déguisements, voire de réinvention de soi. Les voies maritimes nous permettront aussi d’inclure dans l’analyse le commerce avec l’Amérique.

 

Axe 2 – La circulation de denrées et d’objets

Des études pourront être menées sur la circulation des objets entre les différentes aires géographiques. Il s’agira alors de s’intéresser à la nature des produits acheminés et vendus (pierres précieuses, soies, épices, drogues, aliments…) et d’analyser les spécificités du commerce lié à la vente de tel ou tel objet. Le commerce de matières ou de denrées particulières sous-tend en outre le développement de toute une économie locale (la recherche de diamants en Inde orientale, la culture du sucre aux Antilles…), qu’il sera intéressant d’étudier. Des analyses pourront également être consacrées à la manne économique qu’a pu représenter le commerce international pour les marchands voyageurs et pour les personnes avec qui ils ont fait affaire. L’adoption de nouvelles habitudes de consommation ou le développement de nouveaux métiers impliqués par les circulations de denrées et d’objets pourront aussi être abordés.

 

Axe 3 – Les réseaux et comptoirs commerciaux

En lien avec les axes 1 et 2, cet axe envisage la création et l’évolution de réseaux commerciaux, plus ou moins spécifiques : réseaux pour la vente d’épices, de soieries, d’animaux. Ainsi, dans le Devisement du monde, Marco Polo évoque par exemple l’export de chevaux arabes depuis la Perse vers l’Inde ou l’océan Indien. De même, Jacques Cartier et, plus tard, Marc Lescarbot font référence à un réseau établi pour la traite du castor et de la morue en Amérique dès le début du xvie siècle. La mise en place du réseau de la traite d’esclaves pourra également faire l’objet d’une étude. Enfin, l’intégration de comptoirs commerciaux au sein des réseaux et la pérennité de ces derniers pourront être analysés.

 

Axe 4 – Les négociations, échanges et monnaies

Les voyageurs marchands ont nécessairement été confrontés à la question de la conversion et de la monétisation. Dans le Devisement du monde, par exemple, Marco Polo indique plusieurs fois la valeur d’un objet dans une monnaie italienne (le besan d’or, le florin d’or, le marc d’argent…) afin d’offrir à son lecteur la possibilité d’évaluer le marché en Orient. Il explique également à ce dernier le fonctionnement de la monnaie de papier dans l’Empire du Grand Khan ou encore un système de monnaie locale à base de coquillages blancs, dans le Yunnan. Jean-Baptiste Tavernier, quant à lui, insère dans son récit de très nombreuses planches représentant les monnaies des pays d’Orient dans lesquels il commerce. Une attention toute particulière peut ainsi être portée par les commerçants aux monnaies locales et aux pratiques d’échanges et de négociations.

 

Axe 5 – La condition et l’éthos du voyageur marchand

Cet axe propose d’étudier plus spécifiquement la figure du voyageur marchand, ses pratiques et ses valeurs, en s’attachant à la spécificité de l’expérience marchande en voyage, qui nécessite par exemple le recours à des truchements ou l’apprentissage de langues étrangères. Par ailleurs, en tant que personnes intermédiaires entre plusieurs civilisations, les marchands voyageurs bénéficient parfois de régimes d’exception pour franchir des barrières géographiques, mais aussi civilisationnelles et sociales. En outre, il pourra être intéressant de questionner la représentation que le voyageur fait de son expérience marchande, en restituant notamment certaines scènes de négociation, élaborant dans le récit un éthos de marchand. Ce récit d’activité marchande peut également prendre des allures d’art de marchander dans lequel le voyageur dispense aux futurs voyageurs des conseils pratiques à mettre en œuvre. Enfin, pourront être interrogées les valeurs associées à cette activité marchande, comme celle du profit, et leur compatibilité avec les axiologies catholiques et protestantes.

 

D'autres réflexions pourront venir étayer les axes de recherche de cette problématique.

 

Modalités de participation

Les propositions de communication d’environ 300 mots accompagnées d'une brève biobibliographie sont à envoyer aux organisatrices avant le 1er février 2024.

Mathilde MOUGIN, mathilde.mougin@univ-amu.fr

Priscilla MOURGUES, priscilla.mourgues@gmail.com

 

Modalités de prise en charge

Le logement et le repas du midi seront financés par l’organisation, les frais de transport seront laissés à la charge des équipes de recherche des participant.e.s.

Comité scientifique

Christine Gadrat-Ouerfelli (CNRS)

Danièle James-Raoul (Université Bordeaux Montaigne)

Olivier Raveux (CNRS)

Sylvie Requemora (Aix Marseille université)

 

[i] Voir par exemple le manuscrit du récit du voyage que Tavernier fait à Berlin : « Récit succint du voyage que moy Tavernier ay fait partant de Paris le 19 avril 1684. Pour aller aupres de son Altesse Electorale de Brandebourg A Berlin », Aix-en Provence, Bibliothèque Méjanes, Ms. 1045.

[ii] Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, xve-xviiie siècle. Tome 2, Les Jeux de l’échange, Paris, Armand Colin, 1980.

[iii] Albrecht Burkardt, Gilles Bertrand et Yves Krumenacker (dir.), Commerce, voyage et expérience religieuse : xvie-xviiie siècles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007.

[iv] Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre, L'Épicerie du monde, Paris, Fayard, 2022 ; Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre, Le Magasin du monde, Paris, Fayard, 2020. Voir également Christophe Bouneau et Michel Figeac (dir..), Circulation, métissage et culture matérielle (xvie-xxe siècles), Paris, Classiques Garnier, coll. « Rencontres », 2017 ou encore Ariane Fennetaux, Anne Marie Miller Blaise et Nancy Oddo (dir.), Objets nomades, Turnhout, Brepols, 2021.

[v] Ҫınla Akdere et Christine Baron, Economics and Literature, A Comparative and Interdisciplinary Approach, London, Routledge, 2018.

[vi] Voir par exemple Christian Biet, Yves Citton et Martial Poirson, Les Frontières littéraires de l’économie (xviie-xixe siècles), Paris, Éditions Desjonquères, 2008.

[vii] Friedrich Wolfzettel, Le Discours du voyageur, Paris, PUF, 1996, p. 121.

[viii] Ibid, p. 121.

[ix] Pierre Martino explique qu’« aux environs de 1660, le nombre des relations de voyage doubla tout à coup, et que la faveur du public pour ce genre de livres ne fit que croître ensuite », Pierre Martino, L'Orient dans la littérature française au 17e siècle et au 18e siècle, Genève, Slatkine, [1906] 1970, p. 53.

[x] François Chaubet, « Histoire des mondialisations avant 1820-1840 : mondialisation archaïque et protomondialisation », François Chaubet (éd.), La mondialisation culturelle, Presses Universitaires de France, 2018, p. 9-31.

[xi] Roland Pfefferkorn, « Une remontée dans le temps aux sources du capitalisme. Sur Le Premier Âge du capitalisme (1415-1763) d’Alain Bihr », La Pensée, vol. 400, n. 4, 2019, p. 113-121.

[xii] « Fay moy le Cretois parmi les Cretois »,art Juste Lipse, « Lettre de Juste Lipse à Philippe de Lannoy du 3 avril 1578 (De Ratione cum fructu peregrinandi), traduite par Anthoine Brun à Lyon (1619) », dans Normand Doiron (éd.), L’art de voyager : le déplacement à l’époque classique, art. cit., p. 215.

Madame de Lafayette hors les murs : la réception internationale de l’œuvre de Mme de Lafayette (XIXe‒XXIe siècle)

Madame de Lafayette hors les murs : la réception internationale de l’œuvre de Mme de Lafayette (XIXe‒XXIe siècle)

Osnabrück – 28 et 29 novembre 2024

Alors que la réception de l’œuvre de Mme de Lafayette en France a fait l’objet de plusieurs travaux importants[1], la diffusion internationale de son œuvre et l’extension de son influence restent encore largement à explorer. En se limitant à l’impact immédiat suscité par la publication des œuvres de Mme de Lafayette, un premier colloque, qui s’est tenu à Nantes en juin 2023, a montré l’étendue et la diversité de sa réception en Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles. Notamment pour l’Angleterre, l’Allemagne et les Pays-Bas, on a constaté une réception intense et active qui commence assez tôt et se manifeste aussi bien par la traduction de ses ouvrages (non limitée à La Princesse de Clèves) que par des réécritures ou par sa prise en charge dans le discours critique.

Un deuxième colloque, qui aura lieu à Osnabrück en novembre 2024 et auquel cet appel est destiné, explorera le développement ultérieur de cette réception internationale, à partir du XIXe siècle et jusqu’à aujourd’hui. Alors que la première réception est restée centrée sur l’Europe, les siècles suivants permettent d’envisager une extension mondiale de la diffusion de l’œuvre de Mme de Lafayette. Aussi les contributions portant sur les espaces extra-européens seront les bienvenues, de même que les travaux s’interrogeant sur la place de Mme de Lafayette dans les cultures francophones.

Les objets d’étude possibles s’inscrivent dans quatre domaines distincts :

- répertorier les traductions de ses œuvres : quels éditeurs, quels traducteurs, pour quels publics ? Il pourra le cas échéant être intéressant de comparer ces traductions avec l’original français, ou les traductions entre elles dans le cas de plusieurs traductions dans une même langue.

- mesurer sa diffusion : sous quelles formes éditoriales l’œuvre de Mme de Lafayette est-elle présente en dehors de la France sur le marché du livre ? comment définir sa présence dans l’enseignement scolaire, dans la recherche universitaire à l’étranger ?

- investiguer sur sa présence dans le discours littéraire des autres pays, dans le discours critique comme dans l’histoire littéraire. Quelles différences peut-on mesurer avec l’évolution en France concernant le processus de canonisation ?

- juger de sa place dans la production littéraire d’autres pays comme référence, voire comme modèle. Les œuvres de Mme de Lafayette ont-elles été imitées, réécrites, pastichées, parodiées à l’étranger ? Quelle est la place de son œuvre dans les média audio-visuels d’autres pays ?

Les propositions (un titre avec un descriptif de 6 lignes et une courte bio-bibliographie) sont à envoyer simultanément à nathalie.grande@univ-nantes.fr et à andrea.grewe@uni-osnabrueck.de pour le 19 janvier 2024.

 

[1]M. Laugaa, Lectures de Mme de Lafayette, 1971 ; C. Esmein-Sarrazin, La fabrique du roman classique. Lire, éditer, enseigner les romans du XVIIe siècle de 1700 à 1900. À la recherche du roman classique, 2023.

CfP: Madame de Lafayette hors les murs -- Osnabrück

Madame de Lafayette hors les murs :

la réception internationale de l’œuvre de Mme de Lafayette (XIXe‒XXIe siècle)

Osnabrück – 28 et 29 novembre 2024

Alors que la réception de l’œuvre de Mme de Lafayette en France a fait l’objet de plusieurs travaux importants[1], la diffusion internationale de son œuvre et l’extension de son influence restent encore largement à explorer. En se limitant à l’impact immédiat suscité par la publication des œuvres de Mme de Lafayette, un premier colloque, qui s’est tenu à Nantes en juin 2023, a montré l’étendue et la diversité de sa réception en Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles. Notamment pour l’Angleterre, l’Allemagne et les Pays-Bas, on a constaté une réception intense et active qui commence assez tôt et se manifeste aussi bien par la traduction de ses ouvrages (non limitée à La Princesse de Clèves) que par des réécritures ou par sa prise en charge dans le discours critique.

Un deuxième colloque, qui aura lieu à Osnabrück en novembre 2024 et auquel cet appel est destiné, explorera le développement ultérieur de cette réception internationale, à partir du XIXe siècle et jusqu’à aujourd’hui. Alors que la première réception est restée centrée sur l’Europe, les siècles suivants permettent d’envisager une extension mondiale de la diffusion de l’œuvre de Mme de Lafayette. Aussi les contributions portant sur les espaces extra-européens seront les bienvenues, de même que les travaux s’interrogeant sur la place de Mme de Lafayette dans les cultures francophones.

Les objets d’étude possibles s’inscrivent dans quatre domaines distincts :

- répertorier les traductions de ses œuvres : quels éditeurs, quels traducteurs, pour quels publics ? Il pourra le cas échéant être intéressant de comparer ces traductions avec l’original français, ou les traductions entre elles dans le cas de plusieurs traductions dans une même langue.

- mesurer sa diffusion : sous quelles formes éditoriales l’œuvre de Mme de Lafayette est-elle présente en dehors de la France sur le marché du livre ? comment définir sa présence dans l’enseignement scolaire, dans la recherche universitaire à l’étranger ?

- investiguer sur sa présence dans le discours littéraire des autres pays, dans le discours critique comme dans l’histoire littéraire. Quelles différences peut-on mesurer avec l’évolution en France concernant le processus de canonisation ?

- juger de sa place dans la production littéraire d’autres pays comme référence, voire comme modèle. Les œuvres de Mme de Lafayette ont-elles été imitées, réécrites, pastichées, parodiées à l’étranger ? Quelle est la place de son œuvre dans les média audio-visuels d’autres pays ?

Les propositions (un titre avec un descriptif de 6 lignes et une courte bio-bibliographie) sont à envoyer simultanément à nathalie.grande@univ-nantes.fr et à andrea.grewe@uni-osnabrueck.depour le 19 janvier 2024.

 

[1]M. Laugaa, Lectures de Mme de Lafayette, 1971 ; C. Esmein-Sarrazin, La fabrique du roman classique. Lire, éditer, enseigner les romans du XVIIe siècle de 1700 à 1900. À la recherche du roman classique, 2023.