Calls for Papers

And/or contributions sought

44TH ANNUAL INTERNATIONAL CONFERENCE OF THE SOCIETY FOR INTERDISCIPLINARY FRENCH SEVENTEENTH-CENTURY STUDIES (SE17)

CALL FOR PAPERS / APPEL À COMMUNICATIONS

 

44TH ANNUAL INTERNATIONAL CONFERENCE OF THE SOCIETY

FOR INTERDISCIPLINARY FRENCH SEVENTEENTH-CENTURY STUDIES (SE17)

 

44ÈME CONGRÈS INTERNATIONAL ANNUEL 

DE LA SOCIÉTÉ D’ÉTUDES PLURIDISCIPLINAIRES DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE FRANÇAIS (SE17)

 

SMITH COLLEGE

NORTHAMPTON, MASSACHUSETTS

NOVEMBER 6-8, 2025 /6-8 NOVEMBRE 2025

 

PRESIDENT / PRÉSIDENTE

HÉLÈNE VISENTIN (SMITH COLLEGE)

 

 

PLENARY SESSIONS - Submission Deadline April 1

90-minute sessions in traditional 3-4 speaker or roundtable format with 15 to 20 minutes of speaking time for each panelist. To submit a 250-300 word abstract in English or French for one of the sessions below, please fill in the Google Form by April 1.

 

The selection committee will communicate decisions on plenary submissions by May 1. For any questions, please email SE17conference2025@gmail.com.

 

Education of Women

Smith College being a women’s college and in line with the institution’s mission and values, this plenary session is dedicated to women’s education in the early modern period with the premise that the past allows us to better understand the present.

Power, Justice, and Tyranny

Circulation of Knowledge

Contemporary Appropriations of the 17th Century

Soundscapes

Representations of the Natural World

Oralities and Oral Traditions (IDEA)

 

SE17 is committed to examining understudied areas of our field, such as race and racism, the history of enslavement and colonialism, and the histories and cultures of Native Americans and First Nations in Canada. This year’s designated Inclusion, Diversity, Equity and Access (IDEA) session, as voted by SE17 members, is “Oralities and Oral Traditions.” Submissions should address this topic with these priorities in mind.

 

Teaching History Through Theatre

This year’s pedagogy session will be organized as a round table to privilege discussion and exchange, with 8-10 minutes of speaking time per participant.

 

 

NON-PLENARY SESSIONS - Submission Deadline June 1

SE17 seeks to create a dynamic space of intellectual exchange while enabling a greater number of scholars to participate in the conference. This year, we will again offer work-in-progress workshops and reading groups. To submit proposals for work-in-progress sessions or reading groups, please fill in the Google Form by June 1.  

 

Proposals for these sessions will be reviewed following the plenary session selection process. All are welcome and encouraged to submit proposals, individually or as a group, but preference will be given to those who are not presenting in plenary sessions. The selection committee will communicate decisions on non-plenary submissions by July 1. For any questions, please email SE17conference2025@gmail.com.

 

Reading Groups

Small reading group sessions open to all conference participants. Readings will be chosen by the organizer(s). Participants will commit to prepare selected readings posted in advance of the conference and attend a moderated group discussion during the conference.

 

Work-in-Progress Workshops

Closed, small group sessions focus on reading short samples of each other’s work-in-progress in advance of the conference and discussing them during the conference. Work might consist of book proposals, articles, book chapters (length limited to 15-20 pages). Proposals may come from individuals or groups, and will be organized into groups by session chairs based on areas of interest, methodology, or other commonalities between the projects. Alternatively, a preexisting group of up to four people may submit a collective proposal. In this latter case, proposals should be submitted by a designated group leader who will include a list of other members. Work-in-Progress Workshop participants will need to submit drafts of their materials to the session co-chairs by October 1.

 

SÉANCES PLÉNIÈRES - Date limite de soumission le 1er avril

Séances de 90 minutes selon un format traditionnel de 3-4 participant·e·s ou table ronde avec un temps de parole de 15 à 20 minutes par intervenant·e·s. Pour soumettre un résumé de 250 à 300 mots en anglais ou en français pour l’une des sessions ci-dessous, veuillez remplir le formulaire Google au plus tard le 1er avril.

 

Le comité de sélection communiquera ses décisions au sujet des propositions de séances plénières au plus tard le 1er mai. Pour toute question, veuillez envoyer un courriel à SE17conference2025@gmail.com.

 

Éducation des femmes

Smith College étant un établissement d’enseignement supérieur féminin et, conformément à la mission et aux valeurs de l’institution, cette session est consacrée à l'éducation des femmes sous l’Ancien Régime, partant du principe que le passé nous permet de mieux comprendre le présent.

Pouvoir, justice et tyrannie

Circulation des savoirs

Appropriations culturelles du XVIIe siècle

Paysages sonores

Représentations du monde naturel

 

Oralités and traditions orales (IDEA)

La SE17 s’engage à examiner les aspects peu étudiés de notre domaine, telles que les questions de la race et du racisme, l’histoire de l’esclavage et du colonialisme, et l’histoire et les cultures des Amérindiens et des Premières Nations au Canada. La session IDEA (Inclusion, Diversité, Équité et Accessibilité) de cette année, telle que votée par les membres de la SE17, est intitulée “Oralités et traditions orales”. Les propositions de communication doivent aborder un sujet en ayant à l’esprit les axes prioritaires de cette séance.

 

Enseigner l’histoire à travers le théâtre

La session pédagogique sera organisée sous forme de table ronde afin de privilégier la discussion et l’échange avec un temps de parole de 8 à 10 minutes par participant·e.

 

 

SÉANCES NON PLÉNIÈRES - Date limite de soumission le 1er juin

La SE17 vise à créer un espace dynamique d’échange intellectuel tout en permettant à un plus grand nombre de chercheur·se·s de participer à la conférence. Cette année, nous proposerons à nouveau des ateliers de travaux en cours et des groupes de lecture. Pour soumettre une proposition pour un atelier de travaux en cours ou pour un groupe de lecture, veuillez remplir le formulaire Google au plus tard le 1er juin.

 

Les propositions pour ces sessions non plénières seront examinées selon le processus de sélection des sessions plénières. Tous·tes sont encouragé·e·s à soumettre une proposition individuelle ou de groupe, mais la préférence sera donnée aux personnes ne participant pas à l’une des séances plénières. Le comité de sélection communiquera ses décisions au sujet des propositions de séances non plénières au plus tard le 1er juillet. Pour toute question, veuillez envoyer un courriel à SE17conference2025@gmail.com.

Groupes de lecture

Séances de petits groupes ouvertes à tous les participant·e·s de la conférence. Les lectures seront choisies par les organisateur·rice·s. Les participant·e·s s’engagent à préparer les lectures choisies à l’avance et à assister à un groupe de discussion pendant la conférence.

Ateliers de travaux en cours

Séances fermées qui rassemblent un petit groupe de personnes qui s’engagent à lire de courts extraits de travaux en cours de chacun des participant·e·s avant la conférence et qui se retrouvent pour en discuter  pendant la conférence. Il peut s’agir de propositions de livres, d’articles, de chapitres de livres (longueur limitée à 15-20 pages). Les propositions peuvent émaner d’individus ou d’un ensemble de personnes et seront regroupées par les président·e·s de séance en fonction des domaines d’intérêt, de la méthodologie ou d’autres points communs entre les projets. Un groupe préexistant de quatre personnes maximum peut également soumettre une proposition collective. Dans ce cas, les propositions doivent être soumises par un chef de groupe désigné qui inclura une liste des autres membres. Les participant·e·s à des ateliers de travaux en cours devront soumettre une version préliminaire de leurs documents aux co-président·e·s au plus tard le 1er octobre.

 

Les Contes et nouvelles en vers de La Fontaine: cerner et situer une œuvre méconnue

Les Contes et nouvelles en vers de La Fontaine
cerner et situer une œuvre méconnue

Colloque international organisé par le CELLF 16-21 (UMR 8599 – Sorbonne Université / CNRS)
et la Société des Amis de Jean de La FontaineSorbonne Université – 4 et 5 décembre 2025.

Appel détaillé en ligne.

Les propositions (500 à 1000 mots), accompagnées d’une bio-bibliographie, doivent être envoyées à tiphaine.rolland@gmx.fr et dmn.fortin@gmail.com avant le 30 mars 2025.

Le colloque se déroulera les 4 et 5 décembre 2025, en Sorbonne. Les communications devront durer 25 minutes. Une publication des actes est prévue dans la revue Le Fablier dès 2026.

LA COMÉDIE-FRANÇAISE RACONTÉE PAR SES PUBLICS

Colloque international

Paris, 6 et 7 mai 2025

Comédie-Française et INHA

 

Comité d’organisation :

Florence Naugrette et Sophie Marchand (Sorbonne Université), Tiphaine Karsenti (Université Paris Nanterre), Sara Harvey (University of Victoria), Charline Granger (CNRS – Université Paul Valéry), Sylvaine Guyot (New York University), Agathe Giraud (Université d’Artois) et Louis-Gilles Pairault (Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française).

 

           Ce colloque, adossé au programme RCF (Registres de la Comédie-Française), s’inscrit dans une série de rencontres scientifiques vouées à envisager autrement l’histoire de la Comédie-Française, en examinant comment elle a pu être racontée par ses sociétaires, ses directions et ses comités. Il s’agit, pour ce dernier volet, d’analyser la place des spectateurs dans l’histoire de ce théâtre.

            De nombreux travaux existent sur la question du public, qui étudient pour la plupart le public programmé ou fantasmé par les auteurs dramatiques et les directeurs de théâtre, et dressent un portrait théorique de cette instance indispensable au déploiement du protocole dramatique et, pour cette raison même, objet de passions et d’attentions ambivalentes. Historiens et sociologues ont, de leur côté, tenté de saisir, au moyen d’autres sources (données matérielles de la vie théâtrale, rapports de police…) une image plus précise des spectateurs réels qui, par leur diversité, invitent à parler de publics au pluriel plutôt qu’à postuler une entité unifiée et uniforme. Il s’agira, lors de ces journées d’études, de conjuguer ces approches mais aussi de faire entendre la voix de ces spectateurs, conservée par la presse, les écrits de soi et les témoignages, les anecdotes, la correspondance entretenue par certains avec l’institution et ses représentants.

            Les registres de la Comédie-Française offrent sur ces questions des aperçus nouveaux. Les registres de recettes témoignent des fluctuations de la fréquentation du théâtre et des équilibres instables qui se jouent dans la salle entre des publics que définit le type de place qu’ils occupent, lié à leur capacité financière ou aux raisons particulières qui les mènent au spectacle. Rapportées à la programmation et à la prise en compte du répertoire, ces données invitent à des interrogations multiples : peut-on identifier le succès d’un genre, d’un auteur, d’une pièce, d’une thématique, d’un ou une artiste scénique à la présence de telles ou telles catégories de spectateurs ? Le succès public est-il ou non déterminant dans les logiques de programmation ? Suit-on, dans ces mêmes processus d’élaboration de la saison, les goûts du public ? Le public particulier des représentations gratis ou des voyages à la Cour implique-t-il une modification du répertoire ? Et que dire du public « invité », bénéficiant de billets spécifiques, qui contribue à l’essor d’un imaginaire de la claque ? Peut-on interpréter sociologiquement la modification, au cours des siècles, des types de places ? Cette modification a-t-elle des implications esthétiques ? À partir de quelles sources pourrait-on prendre en compte la présence et l’éventuelle influence d’un public féminin ? Les données de l’histoire du théâtre permettent-elles une approche genrée du public ?

            Les registres d’assemblées, quant à eux, permettent de mieux saisir la manière dont l’institution tient compte des publics, des débats que suscitent ces derniers, des échanges qui existent, dans la vie administrative du théâtre, avec les spectateurs. On pourra chercher dans ces registres des traces des débats sur la pertinence de supprimer les banquettes de scène, sur les avantages des parterres debout ou assis, sur la manière de réagir aux interventions des plaisants du parterre et autres spectateurs perturbateurs, sur la naissance, aussi, d’un vedettariat qui implique un certain rapport au public. Quels sont les rapports de force et les dynamiques qui déterminent la place du ou des publics dans l’écosystème évolutif que représente la vie théâtrale entre 1680 et la fin du XIXe siècle ? Quel est l’imaginaire du public qui anime les directeurs, les comédiens et comédiennes ? Voit-on se développer dans les registres d’assemblée, comme dans la presse ou l’imaginaire collectif, des physiologies de spectateurs ? Dans l’organisation architecturale et matérielle du théâtre, quels espaces réserve-t-on aux spectateurs, au sein d’une topographie à la fois concrète et symbolique ?

            D’autres sources devront être mises à profit et confrontées aux données des archives. Celles, d’une part, que constituent les échos médiatiques de la présence des spectateurs, de leur comportement, de leur influence sur le déroulement de la séance, la fortune des œuvres et la carrière des artistes. La presse, les pamphlets divers, les recueils d’anecdotes, mais aussi les préfaces et textes théoriques contribuent, à leur manière, à l’élaboration de représentations publiques du ou des publics. Celles, d’autre part, qui restituent directement le point de vue des spectateurs : lettres privées ou publiques, conservées à la Bibliothèque de la Comédie-Française, publiées dans les journaux ou recueillies dans les correspondances ; mémoires et souvenirs de spectateurs, témoignages de réception. Quelle place occupent les spectateurs dans la culture du théâtral qui se dessine à l’époque considérée ? On pourra, dans cette optique, étudier certaines pratiques comme les adresses aux spectateurs lors des annonces ou des compliments qui ponctuent la saison, et interroger la pertinence de la notion de quatrième mur pour penser une vie théâtrale qui, souvent, fait des spectateurs des acteurs de premier plan.

           Ces interrogations, centrées principalement sur la période qui s’étend de la fin du XVIIe siècle à la fin du XIXe, n’excluent pas une réflexion sur ce que représente aujourd’hui ce théâtre dans le paysage culturel français. Y a-t-il, de nos jours, une spécificité du ou des publics de la Comédie-Française ? Parlerait-on d’un ou de plusieurs publics ? Comment l’institution a-t-elle intégré les spectateurs à son fonctionnement ? Par quels moyens nouveaux ce ou ces publics se fédèrent-ils et assument-ils une identité spectatrice ? Comment contribuent-ils à la mémoire et à l’histoire de l’institution ?

Les propositions de communications (une page max.) accompagnées d’une courte présentation bio-bibliographique sont à envoyer avant le 20 décembre 2024 aux deux adresses suivantes : Sophie.Marchand@sorbonne-universite.fr et marchand.soph@wanadoo.fr.

On the Use and Abuse of Antiquity in 18th-century life…

On the Use and Abuse of Antiquity… in 18th-century life: Classical references and their subversion in the Age of Enlightenment

https://modern.huma-num.fr/cfp-on-the-use-and-abuse-of-antiquity-in-18th-century-life/

ERC ModERN – Sorbonne University – University of Chicago

International Institute of Research in Paris, University of Chicago John W. Boyer Center in Paris 22-23 May 2025

It is a well-established fact, frequently analysed by literary critics, that Greek and Roman Antiquity lies at the heart of 18th-century culture. The significance attributed to ancient authors in 18th-century collèges is often acknowledged, but references to classical figures in fact permeate all forms of the literary and visual arts, whether in the light-hearted forms of Baroque and Rococo or the austere severity of Neoclassicism. Scholars have often highlighted the idealisation of ancient socio-political models, which served as counterpoints to contemporary reflections and critiques, extending from the writings of philosophers to the proclamations and imagination of Revolutionary thinkers. The classical world was imbued with an exemplary value, conceived as an alternative framework through which to contemplate and categorise a frequently problematic present, or to advocate for political, social, and aesthetic reforms. Antiquity offered ideas and images that constituted a kind of second language through which the world of the Enlightenment could be reimagined.

However, any process of re-functionalisation and re-valorisation is inevitably accompanied by subversions, instrumentalization, and alterations. For a reference to be productive and applicable to a new and changing context, it must undergo modification that renders it relevant and exploitable, allowing it to bear meanings beyond the scope of its original formulation. In all cultural domains, ancient texts were either faithfully reproduced, critically commented upon, or openly reinterpreted according to the argumentative needs of writers, who, whether intentionally or not, projected their worldview and concerns onto these works. Precisely because Antiquity functioned as a ‘second language’, its words could only serve as instruments for the description and analysis of reality to the extent that they lost their original meaning and took on new ‘semantic’ valences, enabling them to convey content more attuned to the concerns of the time.

This colloquium aims to analyse and explore these deviations, shedding light on the highly productive dialectical play that takes place between an increasingly historicist and proto- scientific reception of the ancient world (with the emergence of disciplines such as archaeology, philology, etc.) and the still very free and fertile use of classical heritage, which was often employed with little constraint to support any and all ethical, political, or aesthetic arguments. Our goal is to identify the misunderstandings or ‘subverted’ reuses of classical texts, histories, and figures. Whether these fluctuations occur in the literal but reoriented reproduction of phrases, maxims, or passages from ancient texts, or more broadly in the reception of classical models in which new symbolic potentialities are detected, we wish to delve deeper into the qualities and purposes of these transformations of ancient material, analysing their pathways and dead ends, their distortions and their reconfigurations.

Why refer to Antiquity, and with what specific objectives or purposes? How were maxims, historical or philosophical texts, and the pantheon of ancient heroes and gods reinterpreted in the Age of Enlightenment, and how were they integrated into the contemporary cultural discourse? What demands for fidelity, and what modernising distortions were imposed upon Greek and Roman treatises and literature? How did any reappropriation of ancient discourse and its imagery ultimately prove suitable for the new expressive and ideological needs of the philosophes, and how could these same images also lead to their condemnation?

Practical Information

Proposals for papers, in French or English, consisting of 250 to 300 words, accompanied by a brief bio-bibliography including institutional affiliations, should be submitted by December 15, 2024, to the following two email addresses:

glenn.roe@sorbonne-universite.fr / dario.nicolosi.92@gmail.com

Acceptance decisions will be communicated to the authors by January 15, 2025.

Presentations, in French or English, must not exceed 30 minutes.

The conference organizers will cover travel and accommodation expenses for all invited speakers.

A publication of the conference proceedings is planned.

Colloque international

On the Use and Abuse of… Antiquity in 18th-century life: références classiques et détournements à l’Âge des Lumières

ERC ModERN – Sorbonne Université – Université de Chicago

International Institute of Research in Paris, University of Chicago John W. Boyer Center in Paris 22-23 mai 2025

Que l’Antiquité classique, grecque et latine, soit au centre de la culture du XVIIIe siècle est un fait avéré, qui a souvent été analysé par la critique littéraire. On rappelle régulièrement l’importance accordée aux auteurs anciens dans les collèges ; on remarque les références continues aux figures classiques dans toute forme d’art, littéraire ou visuel, qu’il s’agisse des formes légères du baroque et du rococo ou de la sévérité austère du néoclassicisme ; on insiste sur la récupération, souvent fantasmée, des exemples et des modèles socio-politiques antiques, qui fonctionnent en tant que repoussoirs pour des réflexions et des critiques ancrées dans la contemporanéité la plus pressante, depuis les écrits des philosophes jusqu’aux proclamations et à l’imaginaire des hommes de la Révolution. L’univers classique est investi d’une valeur exemplaire, envisagé comme un contre-modèle à travers lequel penser et catégoriser un présent souvent problématique, ou pour prôner des réformes politiques, sociales, esthétiques. L’Antiquité offre des idées et des images qui constituent une sorte de deuxième langue à travers laquelle imaginer le monde en devenir des Lumières.

Or, tout processus de refonctionnalisation et de revalorisation n’est jamais exempt de trahisons, d’instrumentalisations, d’altérations : pour qu’une référence soit productive et applicable à un nouveau contexte en mutation, elle doit faire l’objet de plusieurs modifications qui la rendent parlante et exploitable, afin d’être apte à se charger de significations dépassant le cadre originel de sa formulation. Dans tous les domaines culturels, les textes des anciens sont repris, fidèlement commentés ou ouvertement réinterprétés selon les exigences argumentatives d’écrivains qui, de manière plus ou moins volontaire, y projettent leur vision du monde et leurs préoccupations. Justement puisqu’il s’agit d’une « deuxième langue », l’Antiquité et ses mots ne s’offrent comme un instrument de description et d’analyse du réel que dans la mesure où ils perdent leur sens premier pour se prêter à un enrichissement « sémantique » qui les rend porteurs de contenus mieux accordés aux problématiques de l’époque.

Notre colloque se propose d’analyser et d’approfondir ces écarts, de mettre en lumière le jeu dialectique fructueux qui s’opère entre une réception du monde antique de plus en plus régie par des contraintes historicistes et proto-scientifiques (avec les premiers pas de disciplines telles que l’archéologie, la philologie, etc.), et une utilisation encore très libre et fertile de l’héritage classique, sollicité sans trop de contraintes pour soutenir tout argument, qu’il soit éthique, politique ou esthétique. Notre propos est d’identifier les incompréhensions ou les réemplois « détournés » des textes, des histoires et des figures classiques. Que ces fluctuations se produisent dans la reproduction littérale mais réorientée de formules, de sentences, de morceaux extraits des textes antiques ; ou qu’elles s’installent plus généralement dans la réception de modèles classiques, dans lesquels on décèle de nouvelles potentialités symboliques ; nous souhaitons approfondir les qualités et les finalités de ces transformations de la matière antique, analyser leurs chemins et leurs impasses, leurs entorses et leurs reconfigurations.

Pourquoi choisir de se référer à l’Antiquité, et avec quelles finalités ? Comment les sentences, les textes historiques ou philosophiques, les répertoires de héros et de dieux antiques sont-ils relus à l’âge des Lumières, et comment se retrouvent-ils engagés dans le discours culturel contemporain ? À quelles exigences de fidélité et à quels détours actualisants sont soumis les traités et la littérature grecs et romains ? Comment toute réappropriation de la parole antique et de son imaginaire s’avère-t-elle finalement convenable aux nouvelles exigences expressives et idéologiques des philosophes, et comment les mêmes images ont-elles pu, au contraire, se révéler fonctionnelles à leur condamnation ?

Informations pratiques

Les propositions de communication en français ou en anglais, de 250 à 300 mots, accompagnées d’une brève bio-bibliographie incluant les institutions de rattachement, sont à soumettre avant le 15 décembre 2024 aux deux adresses courriel suivantes :

glenn.roe@sorbonne-universite.fr / dario.nicolosi.92@gmail.com

Les décisions d’acceptation seront communiquées aux auteur·rice·s avant le 15 janvier 2025. Les communications, en français ou en anglais, ne pourront pas dépasser 30 minutes.

Les organisateurs du colloque prendront en charge les frais de déplacement et d’hébergement de tous les intervenants conviés.

Une publication des actes du colloque est envisagée.

Women Writing Natural Philosophy in Early Modern Europe: Spaces and Exchanges

The Cultures of Philosophy project at the University of Exeter in the UK invites proposals for our first conference, ‘Women Writing Natural Philosophy in Early Modern Europe: Spaces and Exchanges’ to be held at Reed Hall, the University of Exeter, 2-4 June 2025.

Confirmed speakers:

Cassie Gorman (Anglia Ruskin)

Ruth Hagengruber (University of Paderborn)

Sarah Hutton (University of York)

Eric Jorink (Leiden University)

Meredith Ray (University of Delaware)

Elizabeth Scott-Baumann (KCL)

 

The history of philosophy is experiencing a major paradigm shift, with the work of early modern women philosophers in the spotlight (for e.g. Detlefsen and Shapiro 2023): this conference builds on that momentum to produce a more inclusive account of “science” in the long seventeenth century. The conference aims to recover women’s contributions to early modern natural philosophy, looking beyond the treatise and dialogue to other genres both in manuscript and print; and to examine women’s roles in transnational communities of scientific exchange.

 

In particular, the conference will foreground women’s textual engagement with natural philosophy and investigate transnational institutions, communities, and collaborations. How are philosophical concepts conveyed by diverse literary forms that cannot be categorised as scholarship? How did European women draw on global perspectives and philosophical cultures outside Europe? How can we trace women’s engagement with philosophical networks and institutions? How might including different genres, figures, and communities shift our understanding of natural philosophy in this period?

 

Taking a comparative, relational, and transnational approach, the conference seeks to investigate women's collaborations, exchanges, and roles in networks both within or at the margins of academies, institutions, and other official sites of scientific knowledge exchange; and their involvement in informal salons, manuscript circles, and other spaces of encounter. The CultPhil project examines the European context, but we welcome papers that engage with non-European cultures and philosophical traditions, with attention to different languages, international networks, and contexts. We encourage proposals from scholars in disciplines including (but not limited to): history of science, environmental humanities, literary history, intellectual history, book history, and the history of philosophy.

 

Proposals could include, but are not limited to:

Female-authored writing that engages with natural philosophy within a range of genres, such as hagiography and other devotional genres, poetry, marginalia, miscellany, novels, historical fiction, salon verse, annotation, translation etc.

Women’s participation in (and exclusion from) academies, salons, manuscript circles, institutions, and other spaces of learning

Women and transnational and national manuscript and epistolary networks, exchanges, dynamics of collectivity and collaboration, circulatory systems, book history and their relations to natural philosophy

Recovery of forgotten thinkers; methods for approaching the history of (natural) philosophy

Intersections between natural philosophy and other disciplines: theology, natural history, medicine, political thought, rights of women

Women’s ecological thought

Ecofeminist and animal history readings of early modern texts

Variations in women’s intellectual conditions (both constraints and opportunities) across borders and cultural regions

Encounters, influence, entanglements with the global context

We invite proposals (200-250 words) for 20-minute papers or 10-minute lightning talks, delivered in English (please include a short biographical note of c. 50 words); we welcome proposals from PhD students and early career scholars.

Conference attendance will be free, but participants are expected to arrange and cover the costs of their own travel and accommodation. There will be a limited number of bursaries to support speakers without access to institutional funding. If you wish to be considered for a bursary, please note this with your proposal.

 

Deadline: November 29th 2024. Please send proposals to cultphil@exeter.ac.uk.

We envisage publishing a collected volume based on the conference proceedings.

Conference organisers (University of Exeter):

Helena Taylor

Felicity Henderson

Catherine Evans

Carlotta Moro

Floris Verhaart

 

The conference is supported by the European Research Council-selected Starting Grant, ‘Cultures of Philosophy: Women Writing Knowledge in Early Modern Europe’, funded by UK Research and Innovation (UKRI), under the UK government’s Horizon Europe funding guarantee [grant number EP/Y006372/1].

NASSCFL 2025 New Horizons : Reading, Mapping, Digitizing the Long Seventeenth Century Nouveaux horizons : lire, cartographier et numériser le long XVIIe siècle 19-21 juin 2025

Les approches et pratiques numériques ont profondément transformé notre regard, nos objets et nos méthodes d’analyse. Elles ont renouvelé l'accès à des genres, des corpus et des auteurices oublié·e·s, minoré·e·s ou difficiles d'accès, elles ont permis la diversification des questions, des sujets et du canon, elles ont renouvelé nos perspectives et décentré notre regard grâce aux visualisations, aux nouvelles cartographies et aux méthodes computationnelles. L'horizon nouveau de la transition numérique soulève cependant des questions de fond, notamment celles de la pérennité et de la conservation ; des modes de publication ; des problématiques écologiques, déshumanisantes et éthiques (récemment, le vocabulaire et la fabrication des IA génératives). Elle est l'occasion d'adopter des points de vues extra-européens, elle nécessite de repenser la place faite à la matérialité et au texte ; l'articulation des échelles et de la représentativité ; la singularité des objets passés et de tout ce qui résiste à la transformation en données, sous peine de réitérer les schémas de domination et de déshumanisation que les études de genre et post-coloniales ont mis en lumière. Enfin, l'usage de ces nouvelles technologies, la réflexion sur ce qu'elles font à nos pratiques d'écriture et de lecture, éclairent d'un nouveau jour les pratiques littéraires anciennes : les avancées technologiques du XVIIe siècle, ses expérimentations littéraires, ses voyages et journaux, ses navigations et ses découvertes sont plus accessibles, plus lisibles et prennent d'autres sens. La culture numérique nous incite à envisager nos objets à partir des technologies modernes (à commencer par la métaphore de la navigation), elle fournit de nouveaux modèles pour penser les usages sociaux de l'écrit et nous invite à interroger des réalités techniques que le passé nous a léguées en héritage.

Organisée à Lorient, ville de la compagnie des Indes et du Soleil d'Orient, et à l'Université Bretagne Sud, spécialisée dans l'édition numérique et l'IA, cette 51e édition de la NASSCFL est l’occasion de réfléchir à cette évolution majeure des études sur le XVIIe siècle. Elle invite les spécialistes de la période, praticien·ne·s du numérique ou non, à se réunir pour penser, critiquer, souligner et mettre en perspective ce que le numérique fait et peut faire à nos méthodes et à nos objets. Qu’il s’agisse des moyens d’accès — la consultation des ouvrages numériques, leur citation, les modes de publication —, des projets menés, des questions soulevées ou des nouvelles responsabilités qui nous incombent, nous sommes toustes concerné·e·s, d’une façon ou d’une autre, par le numérique. En retour, il s’agit également de souligner tout ce que les études sur le XVIIe siècle apportent à la réflexion contemporaine sur les nouvelles technologies.

Comme indiqué dans les axes d’étude suggérés ci-dessous, il n'est pas nécessaire que les contributions intègrent une dimension numérique. C'est la mise en dialogue des compétences, des regards et des approches (analogiques ou numérique) qui permettra une réflexion féconde. Les formats possibles incluent des communications traditionnelles, des groupes de travail autour d’articles, de textes sources ou de corpus (en vue, par exemple, d’une édition numérique), des projets, des tables rondes et des panels déjà constitués. Le congrès proposera également une initiation à l’édition numérique et des réflexions collectives sur les manières d'intégrer une dimension numérique dans nos projets de recherche.

Les propositions de 300 mots + bio-bibliographie sont à envoyer jusqu’au 15 octobre à l’adresse :

nasscfl2025@gmail.com 

 — Axes suggérés —

Supports et médias

- Lire le XVIIe siècle, entre papier et écran

- Nouvelles formes d’accès à la littérature du XVIIe siècle

- Performances numériques et études théâtrales

- Support et écriture : fragmentation et formes fragmentaires

- Livres en réseaux : recueils et collections

- Marginalia et annotations numériques

- Remédiation, intermédialité à l’ère numérique

- Au-delà du texte : corpus sonores et visuels

- Conservation du livre, pérennité du numérique


Nouveaux horizons, nouvelles perspectives

- Jeux d’échos : lire le XVIIe siècle au prisme des pratiques numériques

- L’esclavagisation et ses technologies : de la flétrissure aux fermes d’IA

- Voix perdues et responsabilité : réemergences et republications de textes oubliés

- Récits de voyages : décentrer l’Europe

- Nouveaux mondes numériques

- Naviguer, du Soleil d’Orient à la boussole de Safari

- Sociabilité et réseaux sociaux : par le livre, par la correspondance, par le numérique

- Voir le XVIIe siècle : reconstitutions, infographies et visualisations de données

- Anciens et Modernes au XVIIe siècle, Anciens et modernes dans le monde numérique

- IA et réseaux neuronaux appliqués au XVIIe siècle


Numériser le XVIIe siècle

- De la publication (numérique) : pratiques , autorité, valorisation, citation

- Archives numériques : absences, présences, dissimulations

- Philologie numérique : datafication et numérisation de la littérature

- Interfaces, interprétation et perception

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Le XVIIe siècle et la technologie

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Entre femmes — Regards de femmes de l’Ancien Régime sur leurs contemporaines

Colloque international à l’occasion des 25 ans de la SIEFAR

 16 et 17 mai 2025, Reid Hall (Paris)

La SIEFAR a 25 ans !

Cet anniversaire est l’occasion de rendre femmage aux fondatrices de la Société internationale pour l’étude des femmes de l’Ancien Régime, et d’effectuer un bilan scientifique, qui mette en lumière la façon dont le travail collectif a rendu visibles les femmes d’Ancien Régime, et transformé le regard sur elles. Des centaines de femmes sont apparues, dont beaucoup étaient inconnues, oubliées, dont l’œuvre était ignorée, méprisée, minorée. Nous avons montré, de multiples façons, comment elles ont vécu, créé, régné, pensé, parlé, etc. Quand il était jusqu’à présent surtout « parlé d’elles », on a mieux vu à quel point les femmes ont parlé d’elles-mêmes, individuellement et collectivement. C’est sur ce dernier point que le colloque voudrait inviter à réfléchir, en concentrant le propos sur le regard de contemporaine à contemporaine(s).

Regards de femmes sur leurs contemporaines

Face à la « maltraitance historiographique »[1] dont les femmes d’Ancien Régime ont été victimes, nous voulons ainsi donner plus de visibilité à ce que les femmes ont pensé et dit elles-mêmes de celles qui vivaient à la même époque qu’elles, à leurs côtés, ou au contraire loin d’elles socialement et/ou géographiquement, qu’elles les appréhendent individuellement ou par groupes, qu’elles les connaissent directement, de visu, ou indirectement à travers des récits, des relations, voire des on-dit.

En 2019, une journée d’études organisée à l’université de Nantes par Anne Boiron, Caroline Biron et Nathalie Grande était consacrée aux « regards de femmes au XVIIe et au XVIIIe siècle »[2]. L’argumentaire privilégiait le regard des femmes sur les hommes, afin de « faire changer l’altérité de camp ». Il ne suffit cependant pas d’inverser le regard pour déjouer les représentations stéréotypées et les biais de genre[3]. Le point de vue créateur féminin n’est pas de facto libéré du poids des normes et des discriminations genrées, d’autant que la difficile reconnaissance de leur rôle de créatrices et d’intellectuelles fait obstacle à l’expression des idées et des sensibilités[4].

Tout en tenant compte de ce cadre restrictif, nous pouvons nous demander si le fait de porter leur regard sur d’autres femmes autorise les créatrices de l’Ancien Régime à minimiser la dépendance à l’homme, à repenser les rapports hommes/femmes, à valoriser un champ d’expérience féminin, à changer la vision des femmes en les observant dans tous leurs états, ou encore à faire la démonstration de leur rôle social, à l'instar de Christine de Pizan dans la Cité des Dames.

Corpus et méthodologie

Tous les genres peuvent être abordés, et pas seulement ceux de l’intime : biographies, traités et discours savants, harangues, portraits picturaux et littéraires, correspondances, mémoires, chroniques, œuvres fictionnelles à clef, épîtres dédicatoires, dialogues, relations de voyages, chansons, scènes de genre, etc.

On exclura les personnages fictionnels ainsi que les œuvres anonymes quand on ne peut savoir si c’est un homme ou une femme qui tient la plume ou le pinceau (pas de ventriloquie !), pour ne retenir que les seuls textes ou œuvres de femmes, sans doute possible, portant sur les femmes de leur temps.

On accueillera, en revanche, toutes les méthodes critiques, tous les champs disciplinaires qui permettront d’interroger la variété des thèmes que les femmes abordent entre elles : famille et éducation, mais aussi médecine, corps, politique, actualité, économie, civilité, arts, spiritualité, philosophie, société, science, langage, etc.

On ne négligera pas la dimension interculturelle : comment les Françaises perçoivent-elles leurs voisines européennes ou américaines ? On pourra s’intéresser notamment au regard porté par des femmes sur d’autres femmes racisées, colonisées ou altérisées.

Pourra être pris en considération ce qui vient modeler ces regards de femmes : statut social, appartenances (familiales, claniques, sociales, nationales, etc.), âges de la vie, cadres de la pensée (caractérologie fixiste par ex.), stéréotypes de genre, préjugés misogynes ou rhétorique de la supériorité des femmes, etc. Dans quelle mesure cet ensemble de déterminations construit-il (ou non) un regard spécifique de femmes sur d’autres femmes ?

Il sera aussi possible d’examiner les scènes et les modalités d’énonciation, les espaces et les formes de la publication (manuscrite ou imprimée, à destination privée ou publique), les genres littéraires ou picturaux dans lesquels ces représentations se formulent et l’influence sur elles des règles et de la hiérarchie de ces genres.

Limiter le corpus aux regards sur les contemporaines permettra enfin de considérer les effets pragmatiques immédiats de ces discours de femmes sur d’autres femmes ou à d’autres femmes, en termes de savoirs, de pouvoir, de construction des réputations, mais aussi de dialogue, de solidarité ou d’exclusion.

« C’est une femme qui parle » (Marie de Gournay). De la parole à l’écoute

 Les enjeux actuels du sujet ne sauraient en effet échapper. Si les femmes ont toujours dit, on ne les a pas écoutées, pas entendues. Mais elles-mêmes se sont-elles davantage entendues et comprises ? Quelle valeur donc est accordée (ou non) à l’époque à ces regards, à ces paroles de femmes sur les femmes ? De quelle autorité usent celles qui s’expriment sur ce sujet ? Envisagent-elles leur parole comme légitime ?

En privilégiant le regard des femmes sur les femmes, sans « tiers masculin », fait-on apparaître une autre histoire des femmes, des créatrices ? Ces regards font-ils mieux voir, ou sous un angle inédit, l’expérience des femmes ?

Dans quelle mesure enfin le partage de cette expérience fait-il naître ou renforce-t-il le sentiment d’une communauté de condition ? Favorise-t-il une prise de conscience collective, voire une pensée de l’égalité (désirable ou non) des femmes avec les hommes, mais aussi des femmes entre elles ? Quel rôle ces regards jouent-ils dans l’émergence du ou de féminisme(s) « avant la lettre » ?

Les propositions de communication (un titre et une page environ) sont à envoyer avant le 31 octobre 2024, à l’adresse suivante : colloquesiefar2025@gmail.com

L’acceptation sera notifiée fin 2024, après examen par le comité scientifique.

La SIEFAR, dans l’état actuel du financement du colloque, ne prend en charge que les repas de midi. En cas de non prise en charge des autres frais (déplacement, séjour) par les centres de recherche, prendre contact avec le comité organisateur.

Les actes du colloque feront l’objet d’une publication.

Comité scientifique : Catherine Bourdieu, Michèle Clément, Stéphanie Genand, Nathalie Grande, Anne Piejus.

Comité d’organisation :

Marianne Closson, Yohann Deguin, Myriam Dufour-Maître, Nathalie Freidel, Dominique Picco.

 

[1] Nathalie Grande, « La maltraitance historiographique : l’exemple des autrices du XVIIe siècle (Lafayette, Scudery, Sévigné, Villedieu) ». Voix de femmes dans le monde, édité par Frédérique Le Nan et al., Presses universitaires de Rennes, 2018, https://doi.org/10.4000/books.pur.87425.

[2] Nathalie Grande, Anne Boiron et Caroline Biron, Regards de femmes aux XVIIe et XVIIIe siècles, http://siefar.org/en/regards-de-femmes-aux-xviie-et-xviiie-siecles/. Voir aussi Nathalie Grande et Mathilde Labbé (dir.), Regards de femmes sur l’histoire littéraire, RHLF, n°4, 2023

[3] Iris Brey, Le regard féminin. Une révolution à l’écran, Paris, Éditions de l’Olivier, 2020.

[4] Martine Reid (dir.), Les femmes dans la critique et l’histoire littéraire, Paris, Honoré Champion, 2011.

Colloque international « Racine et ses actrices » / pour le 15 février 2025

Colloque international « Racine et ses actrices »

Auditorium du château de Versailles, 20-21 novembre 2025

Ce colloque est organisé par l’université Paris-Sorbonne et l’université de Rouen en collaboration avec le Centre de recherche du château de Versailles, le Centre international Jean Racine et la société des Amis de Port-Royal.

« Racine et ses actrices » : en 2024-2025, l’expression a bien sûr une valeur délibérément provocante. Le colloque n’a pas pour but de réduire les comédiennes de Racine à de simples possessions, propriétés d’un dramaturge Pygmalion qui les contrôlerait et les modèlerait à son gré, jusqu’au-delà du tombeau. C’est au contraire l’agentivité et la liberté des actrices raciniennes que cette manifestation se propose d’interroger, la façon dont elles se sont approprié les rôles, les ont façonnés, jusqu’à les construire en mythes littéraires. La carrière de Racine est inséparable des comédiennes qui créèrent ses grandes figures de femmes, comme la carrière des grandes tragédiennes des siècles ultérieurs est inséparable du répertoire racinien qu’elles ont ressuscité. Depuis leur création, les héroïnes imaginées par Jean Racine n’existent qu’à la faveur d’incarnations féminines qui seules en déploient l’intensité passionnelle et le verbe enchanteur, mais qui aussi les interprètent au sens le plus fort du terme, comme un musicien fait de la partition d’un maître. De Mademoiselle Du Parc et Mademoiselle Champmeslé à Sarah Bernhardt, Marie Casarès, Sylvia Montfort, Anne Delbée, ou Dominique Blanc, en passant par les Demoiselles de Saint-Cyr, c’est tout un choeur féminin courant sur quatre siècles qui a donné corps, chair, et voix au verbe tragique composé par l’enfant de Port-Royal. Sont-elles des femmes sous influence ? Bien plutôt, les actrices de Racine n’ont cessé de déterminer les conditions de réception de ses vers. Porteuses de la Parole, elles sont celles par qui advient sur scène le mystère incandescent de la poésie racinienne. C’est leur talent, leur individualité, leur mérite qui seront l’objet de nos interrogations au cours de ces deux journées.

L’enjeu du colloque sera d’interroger, à travers le possessif « ses », le degré d’appartenance, de dépendance ou au contraire d’émancipation entre un poète et celles qui l’incarnent et lui donnent voix, selon le lien bilatéral qui les unit. Racine aurait-il écrit ses pièces sans La Du Parc et La Champmeslé ? Dominique Blanc aurait elle eu la même carrière sans Phèdre ? Dans quelle mesure Racine a-t-il créé ses actrices, ou au contraire les comédiennes, au fil des siècles, contribuent-elles à le créer comme dramaturge ? Est-ce le rôle de Bérénice qui a permis à Marie Desmares de devenir La Champmeslé, ou au contraire la perfection de son jeu a-t-elle assuré le triomphe de la pièce, « succès de larmes » ? Quelle influence exerça sur le dramaturge la vision d’une Du Parc jouant Elvire et Arsinoé, au point qu’il la débaucha pour lui faire ensuite incarner Andromaque ? Comment une Mademoiselle Des Œillets passa de Sophonisbe à Hermione puis Agrippine ? Quelle signification eut pour ces comédiennes la rencontre avec Racine ? Peut-on imputer à la performance inattendue des actrices les deux versions d’Andromaque ? La vie amoureuse de Racine trouve-t-elle des échos ou non dans ses pièces ? Que sait-on finalement de la mort de la Du Parc plus de trois cents ans après ? Quelle est la part de responsabilité de Racine dans la diction prétendument chantante de la Champmeslé ? Est-ce un hasard s’il arrête sa carrière de dramaturge précisément au moment de son mariage ? Comment Racine, historiographe et père de famille, appréhenda-t-il le travail avec les jeunes actrices amateurs de Saint-Cyr et que signifie cette écriture spécifiquement pensée pour elles ?

Et à l’inverse, qu’ont apporté à l’interprétation de Racine les diverses incarnations de ses grands rôles féminins à travers les siècles ? Quelle incidence le théâtre de Racine eut-il sur les modes de travail et de jeu des comédiennes au XVIIe et dans les siècles suivants ? Existe-t-il une spécificité de la diction racinienne, en particulier féminine ? Dans quelle mesure les grands rôles tragiques de Racine déterminèrent-ils, à l’exemple des rôles comiques de Molière, la structuration des emplois dramatiques féminins au XVIIIe siècle ? Comment Racine a-t-il fait ou défait des carrières de femmes depuis le XVIIe siècle ? Est-ce de la faute de Racine si Adrienne Lecouvreur ne put jamais jouer de comédie comme elle l’aurait souhaité ? Que signifiait ce répertoire pour une comédienne hier et que signifie-t-il encore aujourd’hui ? Comment certains rôles oubliés furent redécouverts à la faveur de la volonté d’une actrice ? Comment toutes ces femmes se sont-elles inspirées les unes les autres ?...

Autant de questions que ce colloque se propose de poser et auxquelles il espère apporter des éléments de réponse. Il s’agira d’éclairer cette relation entre le verbe d’un poète et les femmes qui lui prêtèrent voix et corps.

Au prisme de diverses perspectives herméneutiques (historique, biographique, psychanalytique, dramaturgique, d’études de genre, politique, d’études théâtrales, etc.) :

il s’agira de faire le point sur ce que l’on sait exactement de ces comédiennes, de leurs carrières et de leurs rapports avec Racine et son travail de dramaturge, afin entre autres de se donner les moyens d’évaluer la pertinence des lectures biographiques des pièces raciniennes. Dans la lignée des travaux de Ch. Mauron, on ne s’interdira pas d’interroger à nouveau frais la potentielle fantasmagorie racinienne sur des actrices qu’il avait vu jouer, ou imaginé dans de nouveaux rôles et pu aimer ;

on pourra se demander si les rôles créés puis joués par une même comédienne, dans la mesure où on peut en établir la liste, ont des points communs. On pourra se demander s’ils peuvent ou non témoigner de la construction d’un imaginaire commun, d’effets de réseaux, au sein du répertoire racinien lui-même d’abord, mais aussi entre dramaturges ayant connu et fait jouer la même comédienne, ainsi entre Corneille et Racine, entre Molière et Racine, comme entre des auteurs moins connus et Racine.

la réflexion pourra également se translater dans les siècles suivants, pour réfléchir aux effets induits par la pratique du « répertoire », et également se décliner du point de vue de la réception. On pourra étudier les diverses interprétations des personnages féminins raciniens proposées au cours des siècles, s’interroger sur l’importance et l’influence du répertoire racinien dans la structuration des carrières féminines et des pratiques théâtrales depuis le XVIIe. On pourra à cette occasion valoriser l’apport des bases de données numériques sur la pratique des spectacles depuis l’Ancien Régime (CESAR, Archives numériques de la Comédie française, etc.).

Comité d’organisation

Organisateurs : Constance Cagnat (Paris-Sorbonne, CELLF 16-18) et Tony Gheeraert (université de Rouen Normandie, CEREdI UR 3229)

Comité organisateur : Servane L’Hopital, Victoire Malenfer, Caroline Labrune

Comité scientifique : Gilles Declercq, Laurence Plazenet, Jean Rohou, Philippe Sellier, Jean-Philippe Grosperrin, Laurent Thirouin, Bénédicte Louvat, Céline Candiard, Julia Gros de Gasquet

Organismes partenaires : CELLF 16-18, CÉRÉdI (UR 3229), Centre de recherche du château de Versailles, Centre international Jean Racine, Société des Amis de Port-Royal

Modalités de soumission

Ce colloque est proposé dans le cadre d’un programme d’études raciniennes (Bérénice en 2020, Bajazet et Mithridate en 2022, « Port-Royal et le théâtre » en 2023, Iphigénie en 2024, « Racine et Shakespeare » en 2026) dont les activités sont présentées sur le carnet Hypothèses du programme.

Les propositions de communication (environ 300 mots) devront parvenir, accompagnées d’un bref CV et avant le 15 février 2025 à l’adresse mail : anniversaires_raciniens@googlegroups.com

RSA: Madeleine de l'Aubespine: Then and Now

The Renaissance Society of America

March 20-22, 2025

Boston, Massachusetts

Madeleine de l'Aubespine: Then and Now

We invite papers that address the growing importance of Madeleine de l’Aubespine (1546-96), author, patron, book collector, and Ronsard’s fille d’alliance. She wrote in French and Latin, in prose and verse (including erotica and lesbian sonnets), translated parts of Ariosto’s Orlando furioso and Ovid’s Heroides, engaged and co-wrote with her male contemporaries including Ronsard, Desportes and d’Aubigné as an equal participant in the ambitious project of forging a national literature.  

During l’Aubespine’s life, her poems circulated in manuscript and print. As part of The Other Voice in Early Modern Europe series, Anna Kłosowska edited her French verse and translations (2007). L’Aubespine’s newly attributed 800-line Latin poem Cantilupum, printed in Paris in 1587 and 1588, was edited by Matthieu Dejean and Perrine Galand-Willemen (2022). Colette Winn also attributed to her the Cabinet des saines affections, a Stoical text (2001). The Morgan Library and Museum (NYC) hosted Poetry & Patronage: The Laubespine-Villeroy Library Rediscovered, an exhibit curated by Isabelle de Conihout, which was accompanied by a beautiful catalog (2020). 

By shining a spotlight on this remarkable author, our panel seeks to return l’Aubespine to the rightful position she occupied among her contemporaries: at the center of cultural and artistic production during the second half of the sixteenth century. We welcome contributions focusing on all aspects of her life, work, and reception, including patronage and salons, manuscript and print, book collecting and bindings, portraits and sculpture, architecture and gardens, family and circle, collaborators and tutors, her place in the canon and in the avant-garde. Participants are encouraged to highlight her contributions to diverse fields including Stoicism, Petrarchism, anti-Petrarchism, petrarchismo femminile, translation, ecocriticism, trans, queer, and gender studies, Neo-Latin poetry, and Classical reception.

Please send 250 word abstracts to panel organizers Jessica DeVos (jessica.erin.devos@gmail.com) and Anna Kłosowska (roberta2@miamioh.edu) by June 30, 2024.

Link to conference home page: https://www.rsa.org/page/rsaboston2025

Madeleine de l'Aubespine: Then and Now

We invite papers that address the growing importance of Madeleine de l’Aubespine (1546-96), author, patron, book collector, and Ronsard’s fille d’alliance. She wrote in French and Latin, in prose and verse (including erotica and lesbian sonnets), translated parts of Ariosto’s Orlando furioso and Ovid’s Heroides, engaged and co-wrote with her male contemporaries including Ronsard, Desportes and d’Aubigné as an equal participant in the ambitious project of forging a national literature.  

During l’Aubespine’s life, her poems circulated in manuscript and print. As part of The Other Voice in Early Modern Europe series, Anna Kłosowska edited her French verse and translations (2007). L’Aubespine’s newly attributed 800-line Latin poem Cantilupum, printed in Paris in 1587 and 1588, was edited by Matthieu Dejean and Perrine Galand-Willemen (2022). Colette Winn also attributed to her the Cabinet des saines affections, a Stoical text (2001). The Morgan Library and Museum (NYC) hosted Poetry & Patronage: The Laubespine-Villeroy Library Rediscovered, an exhibit curated by Isabelle de Conihout, which was accompanied by a beautiful catalog (2020). 

By shining a spotlight on this remarkable author, our panel seeks to return l’Aubespine to the rightful position she occupied among her contemporaries: at the center of cultural and artistic production during the second half of the sixteenth century. We welcome contributions focusing on all aspects of her life, work, and reception, including patronage and salons, manuscript and print, book collecting and bindings, portraits and sculpture, architecture and gardens, family and circle, collaborators and tutors, her place in the canon and in the avant-garde. Participants are encouraged to highlight her contributions to diverse fields including Stoicism, Petrarchism, anti-Petrarchism, petrarchismo femminile, translation, ecocriticism, trans, queer, and gender studies, Neo-Latin poetry, and Classical reception.

Please send 250 word abstracts to panel organizers Jessica DeVos (jessica.erin.devos@gmail.com) and Anna Kłosowska (roberta2@miamioh.edu) by June 30, 2024.

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